Cocue un jour, cocue toujours ?

La découverte de l’infidélité est une expérience traumatique. Il est souvent difficile d’être objectif lorsque nous traversons des situations déstabilisantes. Parlons en sans complexe.

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Simone
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Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par Simone » mer. 11 nov. 2015 12:25

Bonjour à tous,

Après avoir découvert ce forum et m'y être sentie un peu chez moi, je me lance, pas facile ...

Il y a 7 ans mon mari, alors en pleine crise existentielle et dépressive, m'a annoncé, après 5 ans de vie commune, fréquenter régulièrement des prostituées, "habitude" prise avant notre rencontre mais pas abandonnée pour autant ensuite. Le choc fut d'une violence extrême pour moi, d'autant plus que pour lui il n'y avait pas tromperie ("que du sexe").

Par la suite, j'ai aussi appris (en fouillant cette fois, car il s'est bien gardé de me le dire), qu'il était très proche d'une jeune femme qu'il voyait en me le cachant, mais relation platonique (vrai a priori au vu des mails et sms). Là aussi je me suis sentie trahie, mais pour lui il n'y avait pas tromperie non plus ("pas de sexe"). Bref j'ai eu la totale, "mensonge included", mais en kit.

La suite de mon côté : perte totale de l'estime de soi, tentative de comprendre (mais j'ai jamais vraiment compris), tentative de pardon (mais j'ai jamais vraiment réussi), tentative de reconstruction de ma petite personne éparpillée façon puzzle.

De son côté : prise de conscience du mal infligé, gros efforts de réparation, coupage de ponts avec son "habitude" et sa copine (à ma demande, parce que même si "il ne s'est rien passé", faut pas pousser mémé non plus).

Puis tri-thérapie, et reconstruction avec engagements de sa part. Je vous passe les montagnes russes, les remises en question, les crises d'angoisse, etc... Mais malgré tout l'amour entre nous a survécu.

Le positif c'est que ça nous a permis d'améliorer certains problèmes dans notre couple (pas liés au sexe, de ce côté-là ça a toujours bien fonctionné entre nous). Nous étions à peu près parvenus à retrouver une certaine harmonie. Bien sûr je n'ai jamais oublié.

Mais tout n'était pas réglé (sinon je ne serais pas là !). Après avoir passé de grosses difficultés perso (deuil, emmerdements divers et variés) avec son soutien (il a toujours été là pour moi dans ces moments-là), je ne sais pas pourquoi j'ai recommencé à penser fréquemment à sa trahison, à me demander si ma vie était encore pourrie par le mensonge, avec quelqu'un qui avait su par le passé si bien compartimenter ses parts de Dr Jekyll et M. Hyde.

Alors j'ai recommencé à fouiller, et j'ai trouvé ... les relations olé-olé que mon mari entretient avec Internet. Je dirais que cette fois c'est un moindre mal (pas de sites de rencontres ni d'échanges directs via webcam ou autre). Il reste au niveau consultation de vidéos ou sites porno et prostitution. Il jure qu'il n'est pas "repassé à l'acte", il a repris une thérapie. Dans les faits ce n'est pas si grave ...

Mais ... le doute me ronge, je suis triste et malheureuse, j'ai des idées noires. Je vois bien que lui aussi est malheureux, je sais bien que son "addiction" a des explications, notamment familiales.

Mais je ne peux pas m'empêcher d'être odieuse avec lui par moments, je ne parviens pas à passer au dessus de cette période de crise, et je suis fatiguée, j'aimerais tellement que toute cette m...e sorte définitivement de ma vie. Bref je pédale voire je m'enfonce dans la choucroute, et au lieu de réagir je me laisse aller ...

Merci de m'avoir lue, c'est difficile d'en parler autour de moi ...



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Sans Prétention
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Re: Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par Sans Prétention » mer. 11 nov. 2015 15:54

Bonjour Simone et bienvenue.

Ton premier post est très pro, on voit que tu nous fréquentes par la pensée... Des expressions, des mots, transpirent chez toi comme si tu étais une ancienne, comme si tu avais déjà une certaine expérience. Impression qui, d'une certaine manière, est totalement fondée...

Cas épineux s'il en est... Copine de Grab, toi...

Il n'y a pas 56 solutions, OU tu arrives à te dire que ces écarts sur toile ne sont rien (sachant que le loup en ENCORE dans la bergerie) et là, c'est bien ton point de vue sur ce que signifie "être avec quelqu'un" qui change. Pourquoi pas ?
OU tu n'y parviens pas. Auquel cas, tu es avec la mauvaise personne...

En mode "reconstruction", certain(e)s parviennent à donner du sens à tout ça en s'auto-flagellant. Je commence pour ma part à faire un travail de fond sur moi également. Je vois bien que dans le cas contraire, je n'arriverai à rien. Mais ce n'est pas nécessairement la panacée.

Pour faire vite, il faut reconfigurer ses croyances afin qu'elles s'adaptent à leur environnement proche. L'environnement le plus proche, c'est le conjoint. Avec son bestiaire fantasmagorique jardin secret et ses psychoses mal soignées petits écarts de conduite...
Et nous, que faisons-NOUS... Là ?
Soigner nos propres névroses pour être plus heureux, plus libres. Mais... Le chemin est looooooooong...

Courage Simone.

Comme ça en passant... Passif de monsieur Dorcel ?


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Re: Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par Simone » mer. 11 nov. 2015 19:58

Bonsoir Sans Prétention et merci pour ta réponse !

Monsieur Dorcel hi hi ... Merci aussi de m'avoir fait sourire, ça fait du bien, j'ai tendance à oublier mon sens de l'humour ces derniers temps.

En effet, j'ai beaucoup lu ici avant de me décider à écrire (je t'ai d'ailleurs piqué la tri-thérapie sans vergogne), et bien sûr notamment le post de Grabuge, grâce à qui je me suis sentie moins seule. Si les histoires d'infidélité pullulent, le genre de la nôtre est rarement abordé.
Je suis aussi passée depuis toutes ces années par toutes les étapes décrites par nos compagnons d'infortune, c'est sans doute pour ça que j'ai l'air "pro".

Je me retrouve totalement dans ce que tu dis.
Pour ce qui est de faire la part des choses, je connais mes limites, et je peux accepter (sans pour autant les cautionner) les "écarts sur toile" (jolie expression pour une vilaine réalité), à condition qu'ils ne concernent que des adultes consentants (ce qui est heureusement le cas, M.D. n'est pas atteint à ce point ...). Je ne suis plus une perdrix de l'année, et je commence à connaître 2-3 trucs sur le fonctionnement des (pardon, certains) hommes, voire femmes (y'en a aussi). Au fond je crois que cela m'est un peu égal.
Ce qui me fait peur, c'est justement le loup dans la bergerie, le "passage à l'acte" comme il le dit lui-même, et ce pour plusieurs raisons. Il sait que ma limite est là, que s'il recommence il n'aura pas de 2ème chance, mais quand il me dit que ce n'est pas le cas, je me dis qu'il ne me l'avouera jamais par peur du carton rouge, et que si je ne trouve rien cela ne prouve pas qu'il ne s'est rien passé. Ce doute me tue.
Tu as raison ces épreuves révèlent / réveillent en nous des failles et faiblesses (pour moi la peur de l'abandon par exemple), que l'on cherche à soigner. Je ne sais pas si pour finir cela donne du sens à quoi que ce soit, mais c'est vrai ce chemin est long, parfois décourageant.
Et pallier à l'immaturité de nos conjoints, être fort pour 2, vigilant pour 2 ... C'est épuisant.
Ce qui me déconcerte, c'est sa capacité à tout déconnecter, cloisonner, tel Janus il a 2 visages, dont un qu'il cache en permanence (il a honte). J'aimerais qu'il n'attende pas que je le trouve les doigts dans le pot de confiture pour avancer, régler seul ses problèmes et trouver une soupape de sécurité moins dangereuse que son "bestiaire fantasmagorique" (re hi hi).
Seule lueur d'espoir à mes yeux : il a décidé seul de son propre chef de reprendre une thérapie, il me dit qu'il est malheureux et souhaite en finir avec ça ... Qui vivra verra.

Sinon pour le passif de M. Dorcel : confronté très tôt aux conséquences des infidélités tous azimuts de son père (nombreuses maîtresses, relations tarifées, échangisme, a quitté sa femme pour une autre avant de revenir puis repartir définitivement avec encore une autre, ...), une mère qui a tout accepté par amour dans la souffrance et les larmes.

Courage à toi aussi SP.



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Re: Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par Sans Prétention » jeu. 12 nov. 2015 18:43

Très bien dit.

Passif familial: un "check" de plus pour moi !

J'ai toujours pensé qu'il fallait avoir les idées ouvertes sur le monde.
Simplement, certains, moins solides que d'autres, se font happer par l'illusion de leurs désirs sans cesse réactivés en appuyant sur une pédale: dans le cas de M. Dorcel, elles sont payantes.
As-tu vu mes liens sur la question ? Et sur la pédale ? L'expérience du cerveau du rat...

Je sais bien que dans la forme (et quelle forme), l'utilisation des utilisatrices de trottoir est très dégradant...
D'abord, parce qu'elles abîment les trottoirs en faisant des tours péripathétiques qui creusent des trous dans le béton de nos accotements chèrement financés par nos impôts. Ces ennemies de la tranquillité de nos paisibles villes parfois sodomites (au figuré: je me suis fait prendre avec mon lit conjugal par surprise, madame je sais pas), à force de trous dans les pavés avec des talons aiguisés comme des surins qui font tordre les chevilles et l'amour propre (maintenant c'est ça les trottoirs de la vie de pas ri: une crotte, un trou. Et c'est même pas régulier comme dans les jeux vidéos. Du coup, on évite pas... Y a pas d'algorithme, faut observer en temps réel. Et c'est épuisant.) Mais en plus de l'énergie sexuelle dispersée inutilement pour d'autres, il y a la question économique: les tarifs sont exorbitants par ces temps de crise...

Mais tout ça pour dire que dans le fond, il y a eu chez ma femme également un transfert avec cible ratée: elle a, comme toute bonne entreprise soucieuse de faire des économies affectives "externalisé" son désir. Moi = gentil papa. Amant = oulala caliente !

C'est en rassemblant ces deux figures sur ma personne, que ma femme clive moins (voir mon dernier post. On m'a toujours pas dit sur qui j'avais copié...) Faut croire que je suis pas un si mauvais coup...

Cette fille sans père, toujours à la recherche d'amour infini (qu'elle même ne peut pas donner - merci maman -) s'est vécue, toute sa vie, partagée en deux. Elle a même employé le mot "pétasse" pour se définir en tant qu'objet de désir. Alors que dans le monde de la surface, elle convertirait un vilain en ange au coeur d'or (l'inverse cela dit est possible également: je suis le résultat d'une expérience ratée dans les mains de ce savon fou qu'il faut tenter de rattraper au sol pendant qu'un autre...)

Pas si loin les don juanistes qui vont droit comme des derviches et les fétichistes des sacs imitation cuir tournoyant façon hélicoptère... Il partagent au moins un amour sans borne pour les dynamiques circulaires (y a rien à voir). Un peu comme Sysiphe...

Le chemin de la reconstruction est semé d'embûches. Alors il faut semer sur le chemin... Mais pas des bûches... Des petits cailloux, pour les repères, des fleurs, pour la beauté.

Pour ma part, ça a fait un jardin... Secret. J'y ai pas encore posé de projections fantasmagoriques. Mais ce ne serait que justice...


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Re: Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par Simone » jeu. 12 nov. 2015 22:56

Bingo ! Il faut bien admettre que l'expérience de la pédale, que j'avais malencontreusement zappée, éclaire d'un jour nouveau ce champ de bataille plein de crottes et de trous !
C'est dur en effet d'avancer en terrain miné par temps de brouillard ... On voit plus les repères et les belligérants ont cramé les fleurs au lance-flammes ...
Tu es un Sage SP, tu as raison il faut se fabriquer un joli jardin secret !

Quant aux connexions de M. D., le câblage est défectueux, et j'ai pas encore trouvé où sont ces p...s d'électrodes.
Je reviens sur ton post dit "de la pédale", c'est fou cette histoire de connectique, c'est tellement vrai que nous on connecte tout et qu'eux ne connectent rien. Par exemple, il ne comprend pas que tous nos souvenirs soient pour moi ternis, que je n'arrive pas à profiter pleinement des bons moments passés ensemble, ni à accepter sans arrière-pensée ses attentions. De mon côté, comme Grabuge, je n'arrive pas à accepter comment il peut se montrer charmant et amoureux sans avoir l'air de rien et se ruer dans son bestiaire dès que j'ai tourné les talons. Mais je sais qu'il n'y pense absolument pas quand il est bien avec moi, alors que pour moi impossible de désactiver le neurone "trahison". Je sais mais j'accepte pas.
Bon j'ai quand même réussi à comprendre que je ne suis pour rien dans tout ça, aucun rapport avec moi, c'est DE-CON-NEC-TE.

Dans ce que tu dis de Mme SP, je vois des similitudes, je suppose que tout le monde te chante ses louanges dans "le monde de la surface" ? Très agaçant ... encore un point pour toi sur le "profilage" de nos charmants tourmenteurs.

J'ai bien aimé ton parallèle avec la mode de l'externalisation des activités dans le monde pro ... Faut leur rappeler qu'au final le bilan est négatif : on perd la maîtrise et la compétence et ça finit par coûter un bras ...

La quadrature du cercle : comment ne pas se laisser abîmer l'humanité par les expériences ratées de ces Dr Frankenstein de supermarché, et travailler à en sortir meilleur ...
Et oui tu as le droit de mettre ce que tu veux dans ton jardin secret !



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grabuge
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Re: Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par grabuge » ven. 13 nov. 2015 15:40

Bonjour Simone,

comme tu t'en doutes, je suis bien placée pour te comprendre (voir mes posts...) et mal pour te conseiller (voir mon côté "clivé", comme dit SP, cette honte que j'ai de rester avec un homme qui m'a traitée ainsi. même si "ce n'était pas contre moi" , of course.

J'en ai ramé des heures sur internet pour trouver des cas comparables au notre, et on en parle si peu ... c'est vrai. Quand l'infidélité est abordée, c'est à propos de maîtresses charmantes qui séduisent nos hommes effrontément, pas de p.... payées pour soigner leurs névroses remontant à l'enfance.

J'étais exactement dans ta situation il y a encore 7 mois, je vivais avec un homme qui m'avait donc révélé, 6 ans avant, avoir longtemps fréquenté des prostituées (durant son mariage, ah mais c'était normal , et tellement excusable, c'ets vrai, sa femme ne le comblait pas , il "s'ennuyait" au lit avec elle !!) et avoir continué avec une certaine C...., prostituée devenue prostituée-masseuse de profession dasn un salon cosy (oh mais seulement une, c'est moins grave quand même, ce n'était que pour le sexe, pour se faire dominer, ce n'était pas tromper, "tu meux même l'appeler si tu veux elle t'expliquera ...'", "c'était une amie").

Tu as dû ressentir comme moi l'horrible dégout-douleur qui vous révulse et vous vide les tripes ! l'envie de pleurer, la profonde dépression, que l'on cache à son entourage parce que révéler "celà" nous obligerait dans la minute à quitter cet homme , or , le comble, c'est que comme moi tu ne l'as pas quitté sur le champ. pourquoi ? parce que tu as été touchée par la volonté de changer, la douleur de ton homme qui t'aime (mais comment en être sûre désormais? ) et ne veut pas te perdre et se trouve tellement con. Parce qu'il a entrepris une thérapie. Parce que tout n'est pas si simple, tout noir ou tout blanc, et que cet homme tel Janus a AUSSI de bons côtés, difficile de le jeter aux oubliettes. Parce que , de nature, surement, tu es plutôt tolérante et humaniste. Parce que, surtout, être séparée de lui te fait souffrir.

Bref comme moi tu t'es dit "pas le droit à une seconde rechute", alors un conseil : pose tes limites ; écris noir sur blanc ce que tu tolèreras et ce que tu ne tolèreras pas, comme s'il était enfant ou simple d'esprit (parce que franchement dans ce domaine, ils le sont complètement, n'ont AUCUN repère, aucune barrière, ont la conscience tranquille puisque le sentiment de ne pas tromper...)
Exemple : mater un film porno : permis, se masturber = permis, fantasmer sur une femme dans la rue ,: permis.
Coucher avec une autre femme = pas permis, gestes sexuels (fellation, branlette etc...) avec une autre = pas permis , flirter non plus . Celà pourrait sembler débile mais je te promets que lui ne voyait pas en quoi le fait de se faire masturber par une femme contre de l'argent revêtait un caractère sexuel,pour lui ce n'était que du délassement physique. encore aujourd'hui il n'a pas compris . Vu son âge plutôt avancé (la cinquantaine dépassé) je me demande si çà vaut le coup d'attendre qu'il mûrisse dasn sa tête. Et après toutes les expériences qu'il a pû avoir, le nombre effrayant de corps de femmes qu'il a dû toucher, j'ai l'impression parfois d'être moins que rien. Et il a bien amoché mon énergie, mon désir, alors que j'aurais dû réagir en le trompant moi aussi, mais je n'en ressens même pas l'envie.

Mon conjoint a donc "replongé" en fréquentant des masseuses "sans coucher" (!!), ayant totalement intégré me fait que c'était nettement moins grave mais que , quand même, il valait mieux que je ne sois pas au courant ...et de fil en aiguille les masseuses l'on reconduit à recoucher avec une p..., quand je ai appris ce dernier "détail" (en l'ayant acculé, via un relevé de CB, car bien évidemment il n'avoue jamais de lui même) j'ai eu le sentiment d'être transpercée par une lance. Le fait qu'il ait recommencé alors qu'il savait désormais le mal que celà me faisait (et nous faisait), je l'ai vécu encore plus douloureusement que la première fois. Pris en traître. Je ne m'y attendais absolument pas. Car depuis les "faits", il avait fait vu un psy spécialiste des addictions pendant un an, nous nous étions pacsés, avions acheté une maison . il m'avouait bien visionner du porno de temps en temps (ah, Marc Dorcel... les lettres VMD sur les relevés de compte, je m'y étais presque habituée, tellement celà me semblait un moindre mal , presqu'un garde fou , tel le patch pour les fumeurs ...)

Le problème pour ce genre d'homme est que le visionnage de porno me semble-t-il les incite à passer à l'acte au lieu de calmer leurs ardeurs. Ils sont prisonniers d'un système où ils ont besoin d'une forme de sexe complètement déconnectée de leur vie de couple. Pourquoi ? C'est la question à laquelle il n'arrive pas à me répondre malgré le psy. Pour la plupart des hommes le porno est un amusement, une excitation. Pour eux, il semble que celà ouvre la porte d'un gouffre sans fonds, quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas et dont ils ont honte en plus. Quelque chose de "plus fort qu'eux".

Je te souhaite de ne pas connaître de rechute de sa part. Désolée d'avoir à nouveau raconté mon histoire , en tout cas n'hésite pas à m'adresser des MP. Et ne lui fais aucunement confiance. J'ai été bien naïve de penser que la "part d'ombre" allait disparaître d'un coup, suite au grand choc de l'aveu . Parait que la première fois "la punition n'avait pas été assez forte", allusion au break de quelques semaines utilisé comme "punition" lors du deuxième épisode (cet été) . A toi de trouver une punition :-)?



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Re: Cocue un jour, cocue toujours ?

Message par Simone » sam. 14 nov. 2015 16:15

Bonjour Grabuge et merci pour ta réponse.
Je me reconnais totalement dans ton ressenti, et tes diagnostics.

Oui notre "cas" est un peu exotique, j'ai moi aussi cherché des alter ego sur le ouèbe, c'est d'ailleurs comme ça que j'ai découvert ce forum.
Merci d'avoir ouvert la voie, c'est en effet difficile d'en parler, honte, peur des réactions stupides genre "il ne t'a pas vraiment trompée, c'est pas comme si il avait une maîtresse" ou "c'est parce que tu ne sais pas lui donner ce qu'il lui faut".

Donc M. Grabuge (alias DSK selon SP je crois) a trouvé comme circonstance atténuante de faire toujours son marché chez la même petite commerçante de proximité. M. Simone, aka MD, c'était l'inverse : il délocalisait à la faveur de déplacements, variait les fournisseurs, pour un service peut-être moins personnalisé, mais avec moins de risque de croiser quelqu'un qu'on connaît ... Bon j'arrête mes sarcasmes, de toutes façons le résultat est le même :
grabuge a écrit :Tu as dû ressentir comme moi l'horrible dégout-douleur qui vous révulse et vous vide les tripes ! l'envie de pleurer, la profonde dépression, que l'on cache à son entourage parce que révéler "celà" nous obligerait dans la minute à quitter cet homme
...
Et après toutes les expériences qu'il a pû avoir, le nombre effrayant de corps de femmes qu'il a dû toucher, j'ai l'impression parfois d'être moins que rien. Et il a bien amoché mon énergie, mon désir, alors que j'aurais dû réagir en le trompant moi aussi, mais je n'en ressens même pas l'envie.
Je suis désolée pour toi que tu aies dû endurer cet enfer une seconde fois. Quelle injustice !

Je lui ai déjà depuis longtemps posé les limites. J'ai appris que, comme tu l'expliques, elles devaient être formulées très précisément, ne laisser aucune place à l'interprétation, l'ambiguïté, les échappatoires. Il a finalement compris et intégré qu'acheter des services sexuels si son conjoint n'est pas d'accord, c'est tromper tout comme partir en WE avec sa maîtresse.
Ben oui ils l'ont "pas fait contre nous" (manquerait plus que ça), mais c'est loin d'être une excuse au vu des conséquences.

En fait je ne lui ai jamais vraiment refait confiance. J'ai toujours su que cette déplorable "addiction" ne pouvait pas disparaître d'un coup comme par magie, malgré les prises de conscience, les efforts, le psy et tout le toutim. J'ai juste réussi à mettre la patate chaude un peu à distance pour éviter les brûlures, en restant vigilante mais en lui laissant gérer ce problème tout seul parce que 1/ Ce n'est pas mon problème, je n'ai rien à voir avec ça, 2/ Je suis pas psy.
Disons que le problème actuellement c'est que cette distance a volé en éclats, mes défenses immunitaires ont baissé.
J'essaie de lui accorder le bénéfice du doute concernant la récidive (pas de preuves, et il me répète et m'écrit sur tous les tons que non non non). A certains moments j'y arrive, à d'autres non.
J'ai épluché les relevés CB (ces dames prennent la CB ??? J'hallucine ...) à la recherche de transactions suspectes ... rien. Je l'ai traqué sur le Net ... nada ... hormis les avatars de Dorcel et ses amis, ce qui semble presque inoffensif au regard du reste, mais comme tu le dis :
grabuge a écrit :Le problème pour ce genre d'homme est que le visionnage de porno me semble-t-il les incite à passer à l'acte au lieu de calmer leurs ardeurs. Ils sont prisonniers d'un système où ils ont besoin d'une forme de sexe complètement déconnectée de leur vie de couple. Pourquoi ? C'est la question à laquelle il n'arrive pas à me répondre malgré le psy. Pour la plupart des hommes le porno est un amusement, une excitation. Pour eux, il semble que celà ouvre la porte d'un gouffre sans fonds, quelque chose qu'ils ne maîtrisent pas et dont ils ont honte en plus. Quelque chose de "plus fort qu'eux".
Quant à trouver une punition ... pas trop envie de jouer les mère Fouettard moi. Ou alors le tromper avec des escorts boys et lui étaler les preuves sous le nez ? Je plaisante évidemment (beurk).

Et toi Grabuge dans tout ça ? Je vais enfoncer des portes ouvertes en te disant qu'il faut d'abord que tu penses à TOI, que tu te protèges et que tu prennes soin de toi, prendre le temps qu'il te faut pour reprendre des forces en abandonnant pour l'instant DSK à son triste sort.
Toi aussi bien sûr tu peux m'écrire en MP.



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