Matiere à réflexion

La découverte de l’infidélité est une expérience traumatique. Il est souvent difficile d’être objectif lorsque nous traversons des situations déstabilisantes. Parlons en sans complexe.

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Lincoln
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Les caractéristiques du manipulateur décryptées

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Les caractéristiques du manipulateur décryptées PAR ANNE-LAURE BUFFET

En 1997, Isabelle Nazare Aga établit une liste de 30 caractéristiques permettant de repérer un manipulateur, homme, ou femme.Cette liste a permis à bon ombre de personnes de comprendre une situation personnelle, d’essayer d’y faire face, de se déculpabiliser. Depuis, 20 ans ont passé. Ces caractéristiques sont toujours aussi valables. Mais aujourd’hui, elles sont utilisées, disséminées un peu partout sur Internet, sans prise de recul, sans analyse. A la moindre friction dans un couple, ou dans n’importe quel type de relation, il est devenu courant d’y recourir, ou de proposer de les lire, afin de se demander si – oui ou non – nous avons affaire à un manipulateur. Ce qui entraîne des excès, des abus d’interprétation. Ce qui nuit à l’approche objective du travail d’Isabelle Nazare Aga, à la prise de distance qu’elle propose. Au-delà de cette liste, il faudrait une question, à laquelle seul le lecteur peut répondre : Suis-je en danger ?Et pour aller plus loin : Suis-je une victime ? Mon comportement est-il celui d’une victime de manipulateur ?

Afin de mieux comprendre ces 30 caractéristiques, et les conséquences de chaque caractéristique sur les victimes, je vous en propose un petit décryptage.
Et avant tout, une mise en garde : Chacun peut, exceptionnellement, se comporter ainsi. C’est la répétition – la presque quotidienneté – qui fait de tel ou tel comportement un comportement manipulateur. C’est également le refus d’admettre l’existence de ces comportements qui les rend manipulateurs. Une personnalité bienveillante acceptera d’entendre qu’elle a mal agi, ou admettra qu’elle avait un objectif précis à un moment précis, mais que le comportement auquel il est fait référence ne fait pas partie de ses valeurs et de ses principes.
Enfin, on dit « le manipulateur », ce qui ne veut pas dire qu’il est forcément un homme. Le manipulateur est un homme, une femme, un individu dénué de toute reconnaissance de l’autre et ne servant qu’une seule personne : lui-même.

1 Il culpabilise les autres au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle.
Il culpabilise, oui. Mais les mots utilisés ne sont pas forcément entendus comme culpabilisants. Les injonctions peuvent être dissimulées sous de faux compliments. Ex : « Tu es tellement jolie, tu mérites bien mieux et notre famille aussi qu’untel ou untel... » Conséquence : la victime place ces notions avant tout, cherchant à ne les trahir en rien, et jamais. Elle s’observe, s’analyse et se critique en permanence, se sentant tenue par un devoir de loyauté considérable et devant être sans faille. Le moindre mot, le moindre geste qui n’irait pas dans le sens d’une de ces notions seraient alors vécus comme une trahison. Et la culpabilité ressentie serait d’autant plus forte.

2 Il reporte sa responsabilité sur les autres, ou se démet des siennes.
Il le fait en ayant toujours une bonne raison, un bon argument, qu’il semble impossible de contredire. Et ce bon argument, cette bonne raison vont, de plus, prendre appui sur une réalité objective non réfutable.
Ex : « Je t’ai laissé régler les questions concernant les enfants, puisque tu as fait le choix de ne pas travailler pour t’en occuper. Je pensais, en toute sincérité et en toute confiance, que si tu avais un souci tu m’en parlerais. Je n’y suis pour rien si tu préfères te taire. » Conséquence : la victime va constamment chercher à savoir si elle fait bien, si elle pense bien, si elle comprend bien, si elle agit bien. Elle se croit tenue de « gérer » le quotidien, de régler toutes les difficultés. Elle est obligée, c’est-à-dire dans l’obligation de faire et de comprendre, sans jamais se tromper, sans aucun manquement possible. Son mode de pensée peut être résumer ainsi : « Si il m’a été confié telle mission, telle responsabilité, c’est que j’en ai la capacité ? Si je n’y arrive pas, c’est que je ne suis pas à la hauteur ou que j’ai fait croire quelque chose de faux. Je suis donc menteur, vantard, et incapable. C’est ma faute »

3 Il ne communique pas clairement ses demandes, ses besoins, ses sentiments et opinions.
Il ne le fait pas, car il n’en a pas, si ce n’est de surpasser tout et tous, et de détruire ce qui pourrait lui faire de l’ombre. Cependant il sait que cette absence est a-normale. Aussi, il invite, imite, et laisse son interlocuteur dans l’embarras et le flou.
Ex : « J’aimerai beaucoup partir enfin en vacances ». Oui, mais où ? Quand ? Comment ? Avec qui ? A l’interlocuteur de deviner et d’anticiper. Et s’il ne le fait pas, le couperet va tomber... car, par amour ou amitié pour le manipulateur, il devrait savoir, sans qu’il soit besoin de lui dire.
A noter, le « enfin », qui est prononcé sur un ton de reproche, comme si l’interlocuteur – la victime – empêchait les vacances ou ne savait pas s’en charger.
Conséquence : la victime va constamment se demander ce qui pourrait satisfaire le manipulateur. Elle ne va avoir de cesse de proposer, d’organiser, de prévoir, y consacrant un temps infini, concentrant ses pensées uniquement sur ce qu’elle imagine faire plaisir au manipulateur. Bien sûr, elle ne peut y arriver, le manipulateur prenant un malin plaisir à changer de goût, d’avis, d’opinion, pour ne jamais être contenté. Pour ne jamais avoir à dire merci. Pour conserver le contrôle de la pensée de sa victime. Pour l’empêcher de penser à quoi que ce soit ou qui que ce soit d’autre.

4 Il répond très souvent de façon floue.
La clarté et l’évidence sont dangereuses pour le manipulateur car non négociables. Un « oui » ou un « non » fermes ne laisse aucune porte de sortie, aucune liberté de manœuvre au manipulateur.
Aussi, il va répondre par des formules à la fois alambiquées et mystérieuses, laissant planer l’incertitude.
Ex : « Je verrai plus tard » (mais le « plus tard » est indéfini), « Pourquoi me poser cette question, tu connais la réponse » (et l’interlocuteur se voit contraint de se taire, fouillant chaque centimètre de son cerveau en espérant trouver cette réponse qui est censée s’y trouver – et ne la trouvant pas, se sent de plus en plus bête)
Conséquence : la victime attend. C’est d’ailleurs part commune chez les victimes : elles attendent. Elles attendent un geste, un mot, un compliment, une critique, un encouragement. Elles attendent et finissent par ne plus rien faire, ne sachant que faire. Et lorsqu’à force d’attendre, elles ne font vraiment plus rien, se sentant inutiles, sans envie et sans projet, elles se le font reprocher, de plus en plus vertement.

5 Il change ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes ou les situations.
Non seulement il est caméléon, et s’adapte en fonction du profit à tirer de son ou ses interlocuteurs, mais n’ayant aucun sentiment, il va servir à celui ou celle qui l’écoute ce qu’il devine être le plus profitable, à l’instant. Ainsi, dans la même journée, il sera athée puis pratiquant, plutôt de gauche, ou plutôt de droite, plutôt réservé ou plutôt prolixe. Et jamais il ne posera de manière tranchée une opinion, ce qui lui permet ces volte-faces constants, qu’il ne remet pas en cause, mais dont il se sert pour expliquer à sa victime qu’elle « ne comprend rien et n’a le sens ni de la mesure, ni de la nuance. » Conséquence : la victime ne sait plus quoi penser. Elle ne sait plus si elle a vraiment entendue, vraiment compris, et mieux encore, si elle sait aimer vraiment celui sur lequel elle semble se tromper, encore, puisqu’elle n’a pas compris, pas saisi ses vrais sentiments.

6 Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes. Comme il est gentil, le manipulateur, à ne vouloir n’y s’imposer, ni obliger, ni gêner son interlocuteur ! C’est souvent ainsi qu’il explique pourquoi il ne demande pas clairement ce qu’il souhaite ou désire. Mieux encore, il ira jusqu’à dire qu’il laisse ainsi son libre-arbitre, sa faculté de penser à son interlocuteur. Certes. A condition de penser comme lui, de vouloir comme lui, de faire comme lui.
Le terme « demande » devrait d’ailleurs être remplacé ici par « ordre ». Car une demande qui n’est pas assouvie ne devrait pas entraîner de conflit. Un ordre non respecté crée une tension. Ce que le manipulateur appelle demande n’est rien de moins qu’une injonction – et c’est ainsi que les victimes l’entendent, mais déguisée par des formules de politesse, par de l’obséquiosité, par de la flatterie, qui endorment la vigilance et la capacité de refus des victimes.
Conséquence : la victime se remet en cause. Il lui est laissé le choix de décider ; si elle se trompe, c’est qu’elle ne sait pas faire, n’est pas à la hauteur, n’a pas de goût, pas d’idée, pas d’imagination.

7 Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, qu’ils doivent tout savoir et répondre immédiatement aux demandes et questions.
Et pour mieux le laisser croire, il va d’abord séduire et flatter. Puis, lentement, remettre en cause. Enfin, il critiquera, reprochera, et détruira.
Conséquence : la victime devient ultra perfectionniste sans savoir définir ce qu’est la perfection. Elle va s’épuiser, aller au bout de ses forces physiques et intellectuelles, se critiquer avant même d’avoir entrepris la moindre action, déjà convaincue de ne pas pouvoir y arriver, et mieux encore de ne pas pouvoir satisfaire les attentes, et enfin de décevoir celui qui lui fait tellement confiance...

8 Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres : il critique sans en avoir l’air, dévalorise et juge.
Ainsi, il tient à l’écart, sème le doute, se met en valeur et en avant, et isole la victime. Le manipulateur n’admet que la lumière, la puissance et la gloire. Tout ce qui peut être un obstacle ou un frein doit être éliminé.
Ex : « Ce dossier est pas mal. Mais le travail n’a pas été confié à la bonne personne. C’est dommage, une fois de plus elle ne se montre pas à la hauteur, alors qu’elle pouvait saisir sa chance. » Conséquence : la victime se met à juger sans s’en rendre compte ses proches, ses collègues de travail. Pour justifier les propos du manipulateur et ne pas le critiquer ou s’opposer à ce qui est dit, elle va se taire, couper court à la communication avec ses proches, s’en éloigner, ou chercher en eux la moindre faille qui conforte ce qui lui est dit par le manipulateur.

9 Il fait faire ses messages par autrui.
Incapable de dire clairement les choses, il se sert de la technique dangereuse du téléphone arabe. Les messages sont forcément tronqués, déformés, et il a ensuite tout loisir pour dire que tel message ne vient pas de lui, que tel autre n’est pas vrai, que tel autre encore est une interprétation, pas la réalité.
Conséquence : la victime ne sait plus distinguer le vrai du faux. Elle ne sait plus si ce qui lui est dit par un tiers est exact. Elle doute de ce qu’elle entend, de ce qu’elle comprend, et même du tiers.

10 Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner. Si la situation est classique, malheureusement, en entreprise, elle est encore plus classique dans des familles ou l’un des parents – parfois les deux – manipule. Pour mieux contrôler la fratrie, et parfois l’autre parent, le parent manipulateur va glisser des petites phrases, des petites remarques, de façon anodine, mais qui s’infiltrent comme du poison dans l’esprit de ceux qui les entendent. Ainsi, la rivalité entre sœurs, le rejet d’un parent par ses enfants, la cruauté d’un enfant envers les autres... prennent leur source dans ce venin, qui fait naître suspicion, doute, jalousie, tristesse, rancœur...
Conséquence : même si la victime peut trouver que ces remarques sont anodines, ou exagérées, elle aura à force de les entendre – car la répétition œuvre dans le sens du manipulateur – une méfiance, une défiance vis-à-vis des autres. Elle va se tenir à distance, se taire et s’éloigner, ou faire le jeu du manipulateur en cherchant à se défendre ou se protéger.

11 Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne.
D’ailleurs rien n’est jamais de sa faute. Il aurait tellement aimé que les choses se passent autrement. Et il est tellement malheureux... En public, il est capable de pousser à bout – à mots couverts – sa victime, pour la mettre en colère, pour l’obliger à se montrer sur la défensive, à donner une fausse image d’elle-même.
Il va user de tous les moyens possibles, jusqu’aux procédures, se glissant dans la peau d’un saint de vitrail blessé et malheureux. Conséquence : la victime doit se justifier en permanence. Aux yeux des tiers, elle est responsable ou coupable, et se sent comme telle. Elle est dénigrée, ou croit l’être. Et à trop se justifier, elle en perd toute crédibilité. Elle-même finit par ne plus se croire. Elle-même finit par penser qu’elle est coupable.

12 Il ignore les demandes même s’il dit s’en occuper.
Tout autant, il promet énormément mais ne fait jamais rien. C’est une fabrique de belles paroles sans jamais qu’elles soient suivies d’effet.
Conséquence : non seulement la victime doit faire ce que le manipulateur avait promis, mais elle ne se sent ni écoutée ni vue. Elle se sent perdre en intérêt, se convainc de ne pas en avoir, ou de ne pas savoir dire ou faire. Elle se sent inutile, vide. Transparente.

13 Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins.
Et ce pour une raison bien simple : lui-même n’en a pas. Ni principe, ni valeur, ni sens du bien et du mal. Ou plus exactement, il connaît le sens du bien et du mal à la condition que ce soit son bien, son mal. Le reste ne le concerne en rien, et ne le touche pas. En revanche, il sait d’instinct que la morale permet d’organiser une relation, un système. Il observe et s’en sert pour les appliquer aux autres.
En résumé, le manipulateur est l’incarnation du « Faites ce que je dis, pas ce que je fais ».
Conséquence : la victime est soumise à des sermons et des rappels à l’ordre perpétuels. Elle vit aux côtés d’un censeur, d’un inquisiteur, qui, tel un Torquemada de salon, va chercher à la corriger, ou la punir en permanence.

14 Il menace de façon déguisée, ou pratique un chantage ouvert. Ainsi, il instaure une ambiance de peur, de stress, permanents. Ce qui lui permet d’installer et de développer son contrôle sur sa victime. Il met en dépendance, de manière malsaine, et oblige à la soumission, par crainte de représailles verbales, ou physiques.
Ex : « Il vaudrait mieux que tu comprennes ce que je te demande sans que j’ai besoin de le répéter », ou encore : « Si tu ne suis pas mes conseils, ce sera la preuve que tu n’en n’as rien à faire de moi... »
Conséquence : la victime s’interdit de réfléchir. Elle est conditionnée à obéir. Au premier chantage, elle n’en tient pas compte. Le manipulateur va lui faire payer, car c’est pour lui une rébellion. Au deuxième chantage, présenté insidieusement, elle se pliera. Au troisième, elle perd déjà en personnalité.

15 Il change carrément de sujet au cours d’une conversation. Toujours dans la nécessité d’entretenir le doute et le flou, ou encore pour ignorer sa victime, le manipulateur coupera court à une conversation entamée, s’imposant dans la discussion, et obligeant à parler d’autre chose.
Conséquence : la victime se sent là encore invisible, sans intérêt. Elle pense n’avoir aucune idée, aucune intelligence. Elle perd l’habitude de parler pour ne pas être à nouveau interrompue – elle entend alors qu’elle n’a jamais rien à dire, qu’elle est stupide. Elle perd en capacité et envie de s’exprimer, en privé, et en public. Elle devient mutique.

16 Il évite ou s’échappe de l’entretien, de la réunion.
S’il le fait par lâcheté, ce ne sera jamais présenté ainsi. Il fera croire à un rendez-vous plus important – ce qui dénigre l’intérêt du rendez-vous qu’il manque, à une urgence dont il ne peut parler, ajoutant du secret à son absence, à un souci personnel (santé, famille...) obligeant les autres à le plaindre.
Ainsi, il échappe à la confrontation, au risque de mis en échec ou d’être critiqué, à l’opposition. Si son discours tient face à un interlocuteur, il est en danger face au groupe, car dans le groupe il peut toujours se trouver une personne qui ne le croira pas et pourra le déstabiliser.
Conséquence : la victime « reste sur sa faim », doit se soumettre à des horaires et un changement perpétuel d’organisation et d’emploi du temps. Elle a de la compassion, elle surinvestit ce qu’elle doit réaliser, au risque de s’épuiser, pour soulager celui qui semble soudain en difficulté.

17 Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire en sa supériorité. Son discours transformera ignorance en incompétence. Il ne proposera jamais un enseignement sain, permettant à sa victime d’apprendre et de fait de développer ses propres compétences, il va la rabaisser, l’obligeant à se mésestimer. Il utilisera un discours compliqué, des phrases vides de sens mais complexes, faisant penser à ses interlocuteurs qu’ils ne comprennent rien. Excellent orateur, le manipulateur « s’écoute parler », et ne supporte aucune interruption.
Ex : « Je pensais que tu connaissais le sujet, il est tout à fait simple à comprendre, et nous aurions pu échanger toi et moi sur certains points. Il est bien dommage de ne pas pouvoir le faire mais je suis certain(e) qu’avec un peu de travail, tu seras bientôt à la hauteur pour pouvoir en discuter. »
Conséquence : la victime est peu à peu convaincue de ne rien savoir, et que cette absence de connaissance est de sa faute, tant il semble évident de savoir. Si dans un premier temps elle essaie d’apprendre, de s’informer, ce ne sera jamais assez, et elle se décourage au point de ne plus chercher à apprendre. Elle taira également ses connaissances, n’en sera plus sûre, et finira à nouveau par penser qu’elle est stupide.

18 Il ment.
Le mensonge n’est pas permanent mais régulier. Les vérités sont déformées, exagérées, enjolivées en fonction de ses besoins. Il invente des histoires, en les sachant fausses, par seul intérêt. Il sait qu’il ment.
Conséquence : la victime ne peut plus distinguer le vrai du faux. Elle passe des heures à analyser pour se rapprocher de la vérité. Mais quelle vérité ? puisqu’aucune ne semble vraiment vraie.

19 Il prêche le faux pour savoir le vrai.
Tout comme il divise pour mieux régner, le manipulateur est un parfait avocat du diable. Il sera alors tout sourire, tout sucre et tout miel, et la victime va se laisser berner et séduire.
Conséquence : la victime va lui livrer les informations recherchées sur un plateau et sans méfiance. Et avec ce qu’elle a fourni comme information, elle se fera écraser peu de temps après.

20 Il est égocentrique.
Le manipulateur sait parfaitement où se situe son nombril et l’entretien avec passion. Rien d’autre ne l’intéresse. Il est centré uniquement sur lui, sa réflexion, ses gestes, ses actes ont pour seul intérêt de nourrir ce « nombril ». Il est le nombril du monde, et tout doit tourner autour de lui et être fait dans son unique intérêt. Conséquence : la victime doit se dévouer entièrement et exclusivement à cet être supérieur. Elle n’a pas le choix. Ce qui n’est pas fait pour lui sera jugé comme étant contre lui, et de ce fait rejeté, ignoré ou méprisé.

21 Il peut être jaloux.
Plus exactement, il peut se montrer jaloux. Car jaloux, il l’est intrinsèquement. Des autres, de ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font. Il ne l’exprimera que s’il a un intérêt immédiat à le faire. Il sera alors dans la possession, et la destruction, par la parole, ou par le geste. Ce qui ne le sert pas ne doit pas exister et doit immédiatement être détruit.
Conséquence : la victime va couper les ponts avec ce qui était son passé. Sa famille, ses amis, ses études, son métier, ses goûts sont laissés de côté, abandonnés, pour ne pas permettre au manipulateur de soupçonner la moindre trahison, le moindre secret ; pour ne jamais être « pris en faute » ou à défaut.

22 Il ne supporte pas la critique et nie les évidences.
La remise en cause est impossible. C’est un crime de lèse-majesté qui doit immédiatement être puni. Le manipulateur n’admet pas la moindre opposition car il sait. Son pouvoir serait moindre s’il n’était pas omnipotent et omniscient. Aussi s’opposer à lui revient à se mettre en danger à l’instant même.
Conséquence : la victime accepte tout. Elle ne critique rien, ne juge rien, n’émet aucune idée contraire, approuve même ce qu’elle sait être faux, immoral, inutile.
Elle perd l’usage du « non », du refus, et développe une peur du conflit qui la maintient dans le silence et l’acceptation.

23 Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres.
Tout simplement parce que l’autre n’existe pas ou uniquement pour le servir. L’altérité est une notion parfaitement opposée au fonctionnement manipulateur. L’autre est un objet, qui sera jeté ou détruit quand il ne sera plus utile. L’autre ne peut pas avoir d’idée, de sentiment, d’envie, de projet.
Conséquence : la victime va chercher à dire ce dont elle a besoin,
ce qu’elle aime, ce qui lui plaît. Ses demandes et ses envies ne seront jamais écoutées et encore moins satisfaites. Là encore, elle va peu à peu perdre en personnalité. Elle va ignorer ses propres envies, et ses propres besoins, les croyant sans valeur et sans intérêt. Elle ne va plus s’écouter. Elle va s’oublier, totalement, au seul profit du manipulateur.

24 Il utilise souvent le dernier moment pour ordonner ou faire agir autrui.
Le manipulateur fonctionne et fait fonctionner dans l’urgence. Il déguisera ses demandes sous de faux compliments, ou au contraire en commençant par dénigrer et reprocher : « Vous auriez pu y penser avant ! Il faut toujours que je fasse tout tout seul... » Conséquence : précipitation, stress, erreurs, conviction d’avoir tort... la victime pense qu’il lui appartient de répondre, tout de suite, parfaitement, et qu’elle est coupable de ne pas avoir anticipé une demande ... qu’elle ne pouvait imaginer. La victime est privée de toute capacité de recul et de jugement. Elle vit dans l’instant présent, finit par tout accepter, est téléguidée, comme un automate. Elle possède une fonction marche – arrêt, et celui qui appuie sur le bouton, c’est le manipulateur.

25 Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes répondent au schéma opposé.
Le manipulateur sait parler. Il est éloquent et convaincant. Il a toujours les bons arguments. Il semble même rassurant, et sécurisant... « on » lui fait confiance. Dans la pratique, il est désordonné, confus, désorganisé, imprécis, instable ; Mais le discours bien servi dupe ceux qui l’entendent. Ils s’y réfèrent et n’ont plus l’analyse nécessaire pour juger les actes. Ils s’en tiennent aux paroles, hypnotisés.
Conséquence : la victime tente de rapprocher les paroles des faits. Les paroles ayant une logique, elle va se reprocher de trouver un manque de logique aux faits, ou encore va se dire que l’action n’est pas terminée, que quelque chose d’autre va être mis en place. Elle est placée en situation d’attente, d’immobilisme. Ce que le manipulateur ne tardera pas à lui reprocher, comme il va lui reprocher son manque d’initiative, son incapacité à prendre des décisions, à mettre en place une action. L’accumulation des reproches pèse sur la victime comme des enclumes, et elle s’enfonce de plus en plus dans cet immobilisme mortifère.

26 Il flatte pour vous plaire, fait des cadeaux, se met soudain aux petits soins pour vous.
Séducteur un jour, séducteur toujours...Aucune manipulation ne fonctionne sans séduction. Elle en est l’origine et le fondement, et revient sans prévenir, souvent aux moments les plus critiques, pour rassurer, apaiser, et tromper un peu plus.
Conséquence : la victime croit en ce qu’il est commun d’appeler « la lune de miel ». Epuisée par les reproches, les critiques, le chantage, l’ignorance, elle se sent re-vivre. Elle s’imagine à nouveau vue, reconnue, aimée. Elle se rassure en se disant qu’elle s’est trompée. Qu’elle a sans doute mal analysé une situation. Qu’elle a sa part de responsabilité. Que chacun, pendant une période, peut être tendu, difficile, désagréable. Elle finit par penser que c’est de sa faute, qu’elle est trop exigeante, trop incohérente, trop « méchante ». Elle cède à la séduction. Elle se fait enfermer dans un schéma de violence psychologique, espérant ces lunes de miel, de plus en plus rares et brèves.

27 Il produit un sentiment de malaise ou de non-liberté.
Le manipulateur sème le doute, le flou, la confusion. Il oblige au contrôle, à l’hyper vigilance, à l’anticipation. Rien n’est naturel. Il absorbe l’oxygène, rend l’atmosphère pesante, oblige à raconter ses faits et gestes et jusqu’à dévoiler son jardin secret, de peur de se faire dire qu’il y a mensonge et dissimulation.
Conséquence : la victime n’est pas « à l’aise ». Elle vérifie chacune de ses paroles, chacun de ses actes, pour ne pas contrarier. Elle s’excuse, en permanence, de peur de déranger. Elle s’exprime de manière mesurée, redoutant d’être considérée comme agressive ou idiote. Elle respire moins bien. Son corps devient douloureux à force de se contracter ; La souffrance devient physique.

28 Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais aux dépens d’autrui.Le manipulateur n’accepte que la gloire, la puissance et les sommets. Son objectif est de dominer, d’être puissant, seule valeur qu’il reconnaisse. L’autre n’existant pas ou uniquement à son profit, il sait s’en servir, comme d’un barreau d’échelle ou d’une marche d’escalier, pour continuer d’avancer et de grimper, sans se soucier des conséquences pour celui qu’il écrase.
Conséquence : la victime est petit à petit dépossédée de ce qu’elle est, de ses talents, de ses compétences. Utilisées uniquement afin de servir le manipulateur, elles s’amenuisent et la victime n’est plus à même de les considérer objectivement, puisque, aussitôt utilisées, aussitôt critiquées. En effet, si la victime savait se les attribuer réellement, elle pourrait en faire usage pour elle-même et de ce fait mettre en danger les rêves de grandeur du manipulateur. La victime est exploitée, et lorsque cette exploitation n’a plus de raison d’être, rejetée.

29 Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas fait de notre propre gré.
Séducteur, convaincant, ou menaçant, il empêche la victime d’avoir le moindre libre arbitre. N’ayant ni valeur ni morale, il cherche son propre plaisir ou sa seule réussite, sans prendre en compte ce que d’autres vont transgresser pour lui. Il ne voit que le résultat, le moyen ne compte pas.
Conséquence : humiliations, compromissions, soumission, acceptation des abus... la victime est là aussi comme « télécommandée » et accepte, ou croit accepter, ce qui est contraire à ses valeurs. Que ce soit d’ordre matériel, financier, spirituel, physique, sexuel, la victime ne dit jamais non. Et comme elle ne dit jamais non, il est encore plus simple pour le manipulateur de lui faire penser et croire qu’au fond d’elle, elle était d’accord, elle avait dit oui.

30 Il fait constamment l’objet des conversations, même quand il n’est pas là.
Le manipulateur devient indispensable. Tout tourne autour de lui – c’est le but recherché – et consacrer du temps à autrui ou autre chose est interdit. Lorsque l’entourage sent ou comprend la dangerosité du comportement, il continue d’en parler, cherchant à comprendre un peu plus, à se justifier, à excuser ou à critiquer. Et tout ce temps, qu’il soit présent ou non, est autant de cadeaux qui lui sont faits, puisqu’il interdit que quoi que ce soit existe sans lui. Conséquence : la victime croit trahir en ne pensant pas au manipulateur, en n’agissant pas pour lui, en ne parlant pas de lui. Elle est obsédée, se sent obligée d’en parler constamment, en vient à lasser les autres, et les trouve irrespectueux ou méchants de ne pas avoir la même dévotion. Quand elle prend conscience, elle n’a de cesse de se justifier, ou d’en parler pour être rassurée et confortée, pour ne pas se sentir injuste, cruelle ou ingrate.

La victime n’existe plus qu’au travers du manipulateur.
Modifié en dernier par Lincoln le mar. 26 juil. 2022 18:05, modifié 2 fois.
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Lincoln
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La perversion narcissique dans tous ses états

Message par Lincoln »

La perversion narcissique dans tous ses états PAR ANNE-LAURE BUFFET

La perversion narcissique. 
Un sujet dont j’ai beaucoup parlé et sur lequel j’ai beaucoup écrit. 
Sur ce qu’elle est, sur sa réalité – ou non, sur sa mise en oeuvre, sur les comportements induits, tant chez l’auteur des violences, que chez la victime. 
Il s’avère que… est-ce un hasard ? Mon ancien blog a été piraté. 9 années de travail détruit ou volé.
C’est ainsi.

Donc, je continue, reprends et recommence. 
La perversion narcissique. 
Ce grand marronnier qui fleurit allègrement au printemps… D’ailleurs depuis un an on en entend moins parler, le Covid ayant pris et de loin la place, ce qui laisse une violence conjugale, psychologique et physique, mal expliquée, mal comprise, mal entendue et mal défendue, s’installer, et s’aggraver. 
Les bourgeons du marronnier « pervers narcissique » apparaissent donc généralement au printemps pour éclore magistralement avant l’été, entachant déjà bien des relations d’une ombre perfide, avant de se disperser à l’automne comme les feuilles au vent… 
La perversion narcissique, ou plus exactement le terme de « pervers narcissique » est aujourd’hui employé à toutes les sauces pour désigner tout, n’importe quoi et son contraire. 
Au premier retard, à la première dispute, au premier désaccord, à la première remarque désobligeante, on hurle au pervers narcissique, monstre en puissance dont l’unique objectif est de vous détruire. 
Seul « l’autre » est visé, et l’autre est communément compris comme étant un homme. Car une femme ne pourrait manifestement être narcissique et perverse, manipulatrice.

C’est en tout cas ainsi qu’il est fréquemment présenté, ce vampire psychique.

Fréquemment et même plus que ça. Il est devenu un sujet, un produit à marqueter. Journaux, articles, vidéos, documentaires et reportages de qualités très diverses sont là pour en parler. Et, de fait, pour parler de sa proie, puisqu’il est prédateur, de sa victime de celle – forcément celle – qui subit injustement et sans raison ses attaques destructrices. 



Que d’amalgames et de confusions ! 

Que de craintes nées chez des personnes en difficulté dans leur couple ou dans leurs relations ! 

Que d’impossibilités posées pour se positionner et se responsabiliser – car si la victime est décrite uniquement comme quelqu’un qui « s’est faite avoir » car trop gentille, trop sensible, trop « empathique », où se situe sa capacité à comprendre pourquoi, comment, où se situe sa place dans la relation si ce n’est une fois de plus et uniquement comme un objet ? Déjà traitée comme un instrument de puissance et de pouvoir à manier puis à détruire, utilisé par une personne à la structure psychique perverse, voilà cette victime obligée de se contenter de cette nouvelle ; elle n’était qu’un outil ou un punching-ball, un catalyseur et un déversoir de toutes les frustrations de son agresseur. 
Ce que cette victime a cherché et trouvé, inconsciemment certes, dans la relation, ne lui appartient plus. Infantilisée par son « bourreau », elle est désormais « déresponsabilisée » par ces propos, affirmations et contre-vérités. 
Ces mêmes propos qui, pour lui offrir un peu de réconfort, vont l’inviter à un grand réveil de sa conscience et surtout de sa confiance en elle, évitant de s’interroger sur la structure de cette victime, lui proposant le plus souvent de se « réveiller » (on se croirait presque au pays des woke), de retrouver sa force et sa lumière à grand concours de respiration, de tambours chamaniques et autres liens et lieux faussement spirituels. Son ou ses traumatismes ? Ignorés. Sa souffrance, son trouble profond ? Ignorés eux aussi. En revanche, qu’elle y croit ou non, elle est rassurée. Car, forcément dite « résiliente » (encore un terme bien trop utilisé), elle possède un sésame vers le bien-être. 
On lui parlera de « l’enfant intérieur » à aller protéger et rassurer. Et voilà ladite victime embarquée dans un voyage vers elle-même dont elle ne comprend pas ou plus exactement ne ressent pas réellement l’intérêt. 
Car toutes ces « méthodes » ou pseudo méthodes évitent de traiter un sujet : le trauma, celui résultant de l’emprise, et celui ayant mené à l’emprise. Quant aux conséquences du traumatisme, elles sont de fait écartées. Le seul « travail » proposé est sur l’émotion. Sont alors offerts des mots  » à la place des maux », sympathiques comme des gros doudous, vaguement consolateurs et bien insuffisants.

Car la victime n’est pas « que » une victime, elle est avant tout un être humain avec sa propre structure, son contexte, son parcours, son histoire personnelle et familiale, son individualité, ses composantes. La traiter en enfant blessé, c’est la maintenir à l’état d’enfant. 
À terme, c’est maintenir une emprise.

Revenons à quelques principes. 

En 1986, le psychiatre et psychanalyste Paul-Claude Racamier dénonce les abus psychologiques et sexuels d’hommes et de maris violents. Le terme de « pervers narcissique » apparaît. Il évoque les maltraitances psychologiques et ce terrible oxymore qu’est le « devoir conjugal[1] ». Nous retiendrons entre autres cette observation : « Le pervers narcissique accompli se montre socialisé, séducteur, socialement conforme et se voulant supernormal : la normalité, c’est son meilleur déguisement[2]. » Puis Marie-France Hirigoyen écrit Le harcèlement moral, complété en 2005 par Femmes sous emprise : les ressorts de la violence dans le couple. La violence conjugale, en particulier celle faite aux femmes, est décrite et dénoncée. Elle ne peut plus – ou ne devrait plus – être tue ou minimisée. Pourtant ce n’est que récemment qu’il est admis de dire qu’un mari violent est un père dangereux. Pour Édouard Durand[3], défenseur des victimes, femmes et enfants, « on a tendance à séparer ce qui se passe dans le conjugal et dans le parental. Comme si la violence dans le couple n’avait pas d’incidence sur la famille, ce qui est irréaliste[4] ».

Quant aux hommes mariés à des femmes « perverses narcissiques », ils le reconnaissent encore plus difficilement, véhiculant malgré eux cette injonction sociale selon laquelle un homme ne peut subir les comportements violents, psychologiques ou physiques, d’une femme. L’homme, le « sexe fort », ne peut être opprimé. Quand il ose le dire, il est disqualifié et accusé de se faire passer pour victime pour faire taire la parole des femmes. Ite missa est.

Le terme fourre-tout de « pervers narcissique » n’est ni un diagnostic et ni une pathologie. Ce n’est pas contagieux, ça ne se transmet pas. Il se rapprocherait du « trouble de la personnalité narcissique », c’est-à-dire « un mode durable des conduites et de l’expérience vécue qui dévie notablement de ce qui est attendu dans la culture de l’individu, qui est envahissant et rigide, qui apparaît à l’adolescence ou au début de l’âge adulte, qui est stable dans le temps et qui est source d’une souffrance ou d’une altération du fonctionnement ».

La structure psychique du pervers narcissique, dont l’attachement primaire s’est mal élaboré, repose sur des mécanismes de défense solidement installés ; les déconstruire est quasi impossible. Le narcissisme est sollicité constamment et doit être défendu et renforcé, s’appuyant sur le pouvoir et la puissance en permanence quêtées ; la perversion permet non seulement de tirer profit de ce que la victime a de meilleur mais également de faire croire presque définitivement à cette victime qu’elle n’a rien de bon. La perversion détourne le bon de ce qu’il a de bon, en laissant le profit à
l’auteur des violences et faisant penser à la victime qu’elle agit, pense ou ressent mal.

La notion a perdu de sa substance et beaucoup se retrouvent ou s’identifient comme victimes de pervers narcissique sans que ce soit le cas. Ainsi on entend ou lit communément mon pervers narcissique. S’approprier ledit « pervers narcissique » empêche tout détachement, toute autonomie. Comme si « le nôtre » était beaucoup plus dangereux qu’un autre. Comme s’il fallait revendiquer le droit d’en avoir un dans sa vie. Le mien fait ceci, le mien fait cela… et les comparaisons vont bon train, tout comme les questionnements dénués de toute logique. Est-ce que votre PN vous a déjà fait un cadeau ? Quel est le signe astrologique de votre PN ?

Souffrant d’un sentiment d’infériorité conscient ou refoulé, le tyran le compense par un pouvoir coercitif total reposant sur la dissimulation et la manipulation de la vérité à son seul profit, pour mieux instrumentaliser et réifier, objetiser l’entourage jusqu’à la dépersonnalisation complète.

Sa violence est indicible et ne laisse ni témoin ni trace alors qu’elle permet le meurtre psychique parfait. Socialement, le « pervers narcissique » est agréable, intéressant, protecteur, généreux, brillant, séducteur, drôle tout en sachant attirer la sympathie et la compassion. Il sait se faire plaindre comme il sait se faire admirer. Sa compagnie est recherchée. Ce qu’entend sa compagne ? « Tu as de la chance (suit l’énumération de ses qualités ), vous formez le couple idéal ! » Il manie la rhétorique et la contradiction avec talent, ce qui lui permet de duper son entourage.

Sa violence psychologique est également physique. C’est la violence physique ordinaire. Ordinaire car anodine. Elle n’attire pas l’attention et ne prête pas à conséquences. C’est une violence car son systématisme et sa répétition rendent insupportables ces comportements. Et c’est physique car s’il n’y a pas de coup, il y a en revanche un épuisement chez la victime et une tension non seulement nerveuse mais également musculaire. Elle s’abîme, se replie sur elle-même. Son corps devient douloureux. Sans bleu. Sans blessure. Sans marque.

J’ai reçu en consultations de nombreuses victimes. Toutes rapportent des douleurs et des difficultés physiques et cognitives comparables : perte de concentration et d’attention, migraines répétées, douleurs musculaires et articulaires, difficultés respiratoires et digestives. Reprenant ici le titre de l’essai du psychiatre américain Bessel Van der Kolk, il est évident que le corps n’oublie rien[5].

C’est un caméléon des sentiments qui passe du rire aux pleurs, de la colère au désarroi, de l’indifférence au mépris, de la menace à la fausse excuse en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. La compréhension et la communication deviennent impossibles, installant chez la victime le doute permanent sur ses propres facultés intellectuelles et émotionnelles.
Il se montre (trop) protecteur, laissant sa victime penser qu’elle ne sait pas faire ou qu’elle est en danger, inapte, malade, voire folle. Cette pathologisation de la victime repose sur la stigmatisation de tous ses comportements. Toutes ses réactions seront qualifiées d’inappropriées, de dysfonctionnelles, d’inadaptées ou d’irrationnelles. Mais l’omniprésence de celui qui se présente comme un protecteur-sauveur laisse penser à la victime qu’elle est en sécurité. À condition qu’elle en accepte les conséquences ; car l’aide du tyran n’est jamais gratuite, il réclame une reconnaissance éternelle, et s’il n’est pas remercier, il criera au manque de respect.

Incapable de la moindre excuse et du moindre pardon, il ne se remet jamais en cause.

Excellent bonimenteur, il vend ses arguments avec brio et laisse sa victime pantoise et convaincue de ses propres torts. Il joue la victime parfaite, en souffrance mais pudique, malheureuse mais compréhensive – après tout, sa femme est folle – et cette fois, devant témoins. Maître en gaslighting[6] et injonction paradoxale[7], il passe du mépris à la menace, du silence à la colère disproportionnée et effrayante. Colère si imprévue, si subite et si violente qu’elle en est traumatisante et plonge la victime dans un état de sidération.

Il harcèle pour empêcher toute tentative de fuite ou d’évasion. En manipulant, il a attiré sa victime ; grâce au harcèlement, il la maintient, la contrôle et l’enferme. Parfois jusqu’à la mort volontaire de celle-ci, ce qui n’est rien d’autre qu’un suicide forcé[8].

On dit souvent du pervers narcissique qu’il n’a aucune empathie. Pourtant il n’en n’est pas dépourvu ; s’il n’a ni sympathie ni compassion pour sa victime, il est doté en revanche d’une très forte empathie cognitive qui lui permet non seulement de comprendre mais aussi d’anticiper les mécanismes et affects mis en œuvre chez sa victime. Coupé de ses émotions, il n’est pas affecté. C’est une dissociation totale et quasi irréversible puisqu’il se satisfait de qui il est. Il est donc capable d’interpréter les états mentaux[9] d’autrui, de prévoir un comportement ou une réaction sans rien éprouver, développer une stratégie pour obtenir de sa victime le comportement souhaité et provoquer l’émotion qui y sera attachée.

Les confusions et des généralités sont dangereuses pour ceux qui y croient et pour ceux qui les écoutent. L’avantage du terme « pervers narcissique » est de se référer à un danger et à la gravité d’une situation. Le risque est que cette situation soit confondue avec d’autres où il n’est question « que » de jalousie, de possessivité exagérée, de comportements colériques. Ou d’une relation toxique, dysfonctionnelle. Sans emprise, sans le sectarisme du pervers narcissique. Car il est sectaire. Ses comportements sont non seulement répétitifs et coercitifs, laissant s’infiltrer une peur permanente, un doute constant, une croyance en une impossibilité de réagir ; ils ont également pour objet et intention d’isoler totalement, d’infantiliser, d’objetiser, de faire naître des croyances liées à la religion, à la sexualité, à tout ce qui est de l’ordre du spirituel, tout comme du matériel, s’appropriant les biens, les compétences et les capacités de la victime. Il prend une victime pour l’intérêt qu’elle représente, la broie, la pille, la lamine, l’essore comme on essore une éponge, inlassablement.


Ainsi, à mal comprendre, on en exagère la présence ou on la rejette. Oui, mais le tien, il n’était pas pervers narcissique. Paf. Dix points en moins, vous n’aviez pas le bon bourreau.

Comprendre les amalgames évite de se croire capable de détecter un pervers narcissique comme on repère à l’odeur un départ de feu ou une fuite de gaz. Or toute prétendue victime s’attribue cette capacité : elle aurait désormais un super-radar, elle SAURAIT identifier ce monstre, s’en tenir à l’écart et prévenir la terre entière, la protégeant de cet être ignoble et malfaisant. Et j’insiste sur le « prétendue ». Les personnes ayant eu dans leur vie un individu avec un trouble de la personnalité narcissique ne partagent pas cette conviction. Si elles ont eu besoin de nommer des comportements et de tenter de comprendre un fonctionnement, elles cherchent à identifier ce qui leur fait du bien et ce qui les fait souffrir, elles en cherchent les causes, elles effectuent un travail de reformulation, d’introspection, de compréhension long et souvent douloureux. Elles ne sont plus dans une observation permanente de l’autre ; elles s’occupent avant tout d’elles-mêmes. Pour ne plus risquer de répéter des comportements dysfonctionnels. Pour établir une confiance en elles reposant sur une meilleure connaissance d’elles-mêmes, et sur une part de défiance, vis-à-vis d’elles-mêmes. On les dira alors égoïstes, narcissiques. Et sans doute le sont-elles un peu devenues, réveillant ou retrouvant ce narcissisme sain que nous sommes tous censés ressentir, cette estime de soi qui nous permet d’être au-delà d’exister.

[1] Le devoir conjugal consiste en l’obligation d’entretenir des relations sexuelles entre époux. Issu de la jurisprudence, il se rattache au devoir de fidélité et de communauté de vie, mentionnés par la loi. Le manquement au devoir conjugal, comme tout manquement aux devoirs du mariage, est susceptible de fonder un divorce pour faute (article 242 du Code civil : « Le divorce peut être demandé par l’un des époux lorsque des faits constitutifs d’une violation grave ou renouvelée des devoirs et obligations du mariage sont imputables à son conjoint et rendent intolérable le maintien de la vie commune »). Reste à prouver que le refus de l’époux d’entretenir des relations sexuelles rend intolérable le maintien de la vie commune. L’existence du devoir conjugal ne permet en aucun cas d’obtenir des relations sexuelles de son conjoint sans consentement libre et éclairé. Faire pression sur son époux, verbalement ou physiquement, ou lui imposer des pratiques non désirées, est constitutif d’harcèlement sexuel et/ou d’agressions sexuelles. De même, forcer son conjoint à avoir une relation sexuelle non consentie, y compris par surprise durant son sommeil par exemple, est constitutif d’un viol aggravé, puni de 20 ans d’emprisonnement.

[2] Paul-Claude Racamier, « Entre agonie psychique, déni psychotique et perversion narcissique », Revue française de psychanalyse, vol. 50, no 5, 1986. Voir également, du même auteur, Les perversions narcissiques, Payot, 2012.

[3] Juge des enfants à Bobigny, récemment nommé coprésident de la commission Inceste et violences sexuelles faites aux enfants.

[4] Edouard Durand, « Un mari violent est un père dangereux », Le Monde, 23 novembre 2019.

[5] Albin Michel, 2018.

[6] Le gaslighting est une forme d’abus mental. Il repose sur le mensonge permanent avec pour objet de créer le doute, jusqu’à la folie, chez la victime et permet de réfuter les perceptions de sa victime, lui laissant le sentiment d’être constamment dans l’erreur, d’avoir des hallucinations, jusqu’à imaginer être folle ou en train de le devenir. Voir Anne-Laure Buffet, Les prisons familiales, Eyrolles.

[7] L’injonction paradoxale est un ordre et une obligation à agir reposant sur deux propositions antinomiques. L’exemple type est l’injonction : « Sois spontanée ». En s’obligeant à la spontanéité, la personne répond à un ordre, mais répondant à cet ordre, elle ne peut être spontanée puisqu’elle est contrainte.

[8] Le 22 juillet 2019, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi qui double les peines en cas de harcèlement au sein du couple, les portant à dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende lorsque le harcèlement a conduit la victime à se suicider ou à tenter de se suicider. Jusqu’à présent, la loi sanctionnait les violences conjugales jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.

[9] Ces états mentaux peuvent être des sentiments, des désirs, des croyances, des pensées.

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Les authentiques pervers narcissiques viennent rarement demander de l’aide aux psychanalystes et se déchargent de toute culpabilité sur l’autre.
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Lincoln
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Re: Matiere à réflexion

Message par Lincoln »

Divers :

- "Si tu es infidèle, c’est ton choix, mais si tu me respectes quitte-moi."

- "En intégrant qu'il y a différentes infidélités, qu'une infidélité ponctuelle n'a pas le même sens qu'une infidélité sur la durée.
Et puis surtout, surtout, que la personne qui trompe ne le fasse jamais pour faire souffrir son conjoint ou contre son conjoint, elle le fait pour elle, pour résoudre un problème qu'elle a en soi, et elle y trouve une mauvaise réponse, bien souvent."

- "Le rapport de quelqu’un à l’infidélité en dit long sur sa personnalité. Sur sa vision du couple et de l’amour. Sur les valeurs qui sont les siennes et sur sa manière de voir la vie."

- On a gagné la partie quand on est partie...

- Ne regrette jamais le mal qu'on t'a fait / il y a toujours une leçon cachée.

- il est plus facile de manipuler des sentiments que de déformer des faits.

- Ça t'es déjà arrivé d'écouter les mensonges de quelqu'un en sachant très bien la vérité

- Ce que tu cherches n'est pas ici.
Modifié en dernier par Lincoln le mar. 26 juil. 2022 23:08, modifié 1 fois.
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Les troubles psychiques spécifiques liés aux traumatismes

Message par Lincoln »

les troubles psychiques spécifiques liés aux traumatismes PAR ANNE-LAURE BUFFET

Côtoyer, ou avoir côtoyé, une personnalité toxique, comporte de nombreuses conséquences, dont des conséquences psychologiques. Stress, dépendance, manque de confiance en soi, troubles (du sommeil, de l’humeur, de l’alimentation)…
Les conséquences sont physiques et psychiques.
Ces troubles sont liés à des mécanismes de sauvegarde exceptionnels, psychologiques et neurobiologiques, déclenchés lors du stress extrême et du risque vital que génère le traumatisme, ces mécanismes sont responsables d’ une déconnexion du circuit de réponse au stress entraînant une mémoire traumatique, une dissociation avec anesthésie affective et physique.
Ces troubles psychotraumatiques :
• vont être à l’origine des conséquences les plus graves, les plus fréquentes des violences sexuelles.
• vont être à l’origine d’un état de souffrance permanent.
• vont transformer la vie des victimes en «un enfer», «un état de guerre permanente», «sans espoir de s’en sortir».
Ce sont des conséquences normales de situations anormales

1) Les troubles psychiques spécifiques se répartissent en :
• état de stress aigu, détresse, avec ou sans une dissociation péritraumatique, troubles psychotiques brefs, jusqu’à 1 mois après le traumatismes.
• état de stress post-traumatique (>1 mois), chronique (>6 mois), différé, avec la triade pathognomonique : syndrome de reviviscence, syndrome d’évitement, hyper-réactivité neurovégétative :
1 syndrome de reviviscence = mémoire traumatique : pensées récurrentes sur les violences, ruminations, souvenirs intrusifs de tout ou partie de l’événement ( sensations douleurs, bruits, paroles ), agissements soudains comme si l’événement allait se reproduire, flash-back, illusions, rêves répétitifs, cauchemars, vécus intensément avec une forte angoisse et détresse, l’accouchement peut être une situation de réactivation des réminiscences.
2 syndrome d’évitement : évitement phobique de toutes situations se rapportant au traumatisme ou pouvant rappeler l’événement, évitement de la pensée, développement d’un monde imaginaire ; évitement de toute situation douloureuse ou stressante, émoussement des affects, désinvestissement des relations interpersonnelles, perte de l’anticipation positive de l’avenir.
3 syndrome d’hypéractivité neuro-végétative : hypervigilance, état d’alerte et de contrôle, sursaut, insomnie, réveils nocturnes, hypersensibilité, irritabilité, colères explosives, troubles de la concentration et de l’attention.
• symptômes de dissociation souvent importants : état de conscience altérée, troubles de la mémoire, de la concentration, de l’attention, sentiments d’étrangeté, d’être spectateur de sa vie, dépersonnalisation, compagnon imaginaire.
• état de stress post-traumatique complexe : proposé pour décrire les conséquences chez des victimes de violences interpersonnelles répétées sur une longue durée (Trauma de type II de Terr). Il est défini par plusieurs critères, dont certains font aussi partie de la personnalité limite :
1 une altération de la régulation des émotions avec une impulsivité marquée et des comportements auto-destructeurs.
2 des perturbations de l’attention ou de la conscience, pouvant entraîner des épisodes dissociatifs.
3 une altération de la perception de soi, avec des sentiments permanents de honte ou de culpabilité, et un sentiment de vide.
4 une altération de la perception de l’agresseur, qui peut être par exemple idéalisé.
5 des relations interpersonnelles perturbées, avec une incapacité à faire confiance ou à avoir une relation intime avec autrui.
6 des symptômes de somatisation.
7 des altérations cognitives avec une perte d’espoir.

2) Les troubles psychiques associés, souvent sur le devant de la scène
Ce sont des :
• troubles de l’humeur : présents dans 50% des ESPT (état de stress post-traumatique), dépression, épisodes maniaco-dépressifs.
• troubles anxieux : anxiété généralisée , crises d’angoisse, attaque de panique, phobies, agoraphobie, phobies sociale, troubles obsessionnels compulsif.
• troubles de la personnalité : personnalité limite (border-line), asociale.
• troubles du comportement auto agressif : tentatives de suicide (x10 en cas d’ESPT par rapport à la population générale), automutilation.
• troubles addictifs : consommation de drogues , d’alcool, jeux (alcool chez 52 % des hommes et 28 % des femmes et de consommation d’autres substances psychoactives chez 35 % des hommes et 27 % des femmes).
• troubles des conduites : conduites à risques, fugues, conduites d’hypersexualité, marginalisation, conduites violentes.
• troubles du comportement alimentaire : boulimie, anorexie.
• troubles du sommeil : narcolepsie (somnanbulisme, hallucinations narcoleptiques, paralysies du sommeil, cataplexie, hypersomnolence diurne)
• troubles de la sexualité.

3) Les troubles psychotraumatiques spécifiques chez l’enfant de moins de 6 ans
Les symptômes sur le devant de la scène sont :
• un changement brutal de comportement avec des pleurs et une grande tristesse, un état d’agitation avec une hyperactivité, accompagné d’agressivité et d’opposition ou au contraire une prostation avec un désintérêt pour le jeu, des phobies d’apparition brutale
• une anxiété de séparation avec refus de se séparer d’adultes protecteurs, de rester seul et de dormir seul dans leur chambre, d’aller chez la nourrice, à la crèche, à la garderie ou à l’école
• des troubles de l’alimentation et du sommeil (terreurs nocturnes, cauchemars)
• des comportements, des jeux et des dessins répétitifs et compulsifs reproduisant les violences
• un comportement régressif : balancements, sucer son pouce à longueur de journée; avec perte d’acquis dans le développement et dans l’autonomie : marche, propreté (énurésie, encoprésie), langage
• des troubles somatiques avec des douleurs abdominales, des céphalées, des nausées, des vomissements

4) Les troubles psychotraumatiques spécifiques chez l’enfant de plus de 6 ans
Les symptômes sur le devant de la scène sont :
• des difficultés scolaires, des troubles de l’apprentissages, de la concentration
• des troubles dissociatifs, avec troubles de la vigilance, absences, vie imaginaire très importante, compagnon imaginaire avec qui l’enfant communique, anesthésie affective, sentiment d’étrangeté particulièrement par rapport à son propre corps
• des troubles de l’alimentation : anorexie, boulimie, prise de poids
• des symptômes neuro-végétatifs : troubles du sommeil (difficultés à aller au lit, cauchemars, réveils nocturnes, somnambulisme), irritabilité, colères, hypervigilance,
• des troubles du comportement : hyperactivité, comportement agressif, opposition, retrait, mise en danger, fugues, violences
• des troubles anxieux et dépressifs fréquents : idées obsédantes, peurs spécifiques liés au traumatisme, peur du noir, peur d’objet, peur d’aller seul aux toilettes, attaques de panique

5) Les troubles psychotraumatiques spécifiques chez l’adolescent
Les symptômes sur le devant de la scène sont :
• des difficultés scolaires, échec scolaire, absentéismes
• des troubles relationnels, retrait et phobie sociale, difficultés relationnelles, irritabilité, colères
• des conduites à risques dissociantes ++ : mises en danger, sports extrêmes, jeux dangereux (risque d’accidents très important), auto-mutilations, conduites addictives (tabac, alcool, drogue), fugues, sexualité à risque, violences envers autrui, agressivité, délinquance
• des troubles dissociatifs avec troubles de la vigilance, vie imaginaire très importante, anesthésie affective, sentiment d’étrangeté particulièrement par rapport à son propre corps
• des troubles de l’alimentation (anorexie, boulimie) et du sommeil
• des troubles anxieux et dépressifs avec des tentatives de suicide

Mémoire Traumatique et Victimologie

Quand une mémoire traumatique est réactivée de François LOUBOFF

La transmission transgénérationnelle des traumatismes et de la souffrance non dite
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La correction de l'énergie excédentaire

Message par Lincoln »

La correction de l'énergie excédentaire de Farnsworth E. Lobenstine

La correction de l'énergie excédentaire (C.E.E.) est la technique d'apaisement la plus efficace que j'aie jamais apprise et enseignée. Elle est aussi très utile pour induire un sommeil paisible. À vrai dire, je l'ai utilisée si souvent pour m'endormir que je ne peux pas en faire la démonstration à mes clients sans bâiller (je leur explique pourquoi !)

La C.E.E. est similaire au "Hook-Up" que Wayne Cook avait développé dans les années 70. Elle est enseignée par beaucoup de praticiens du yoga et de cliniciens en thérapies énergétiques. Elle est fondée sur la médecine chinoise et a été mise au point pour rectifier un état d'énergie excessive ou insuffisante, grâce à l'utilisation des méridiens d'énergie (ou qi) du corps. Je l'apprends souvent à mes clients dès les premières séances ; ensuite, je les encourage à s'en servir chez eux et nous l'utilisons parfois avant ou après l'EMDR.

Vous pourrez facilement enseigner cet exercice à vos clients après l'avoir pratiqué quelques fois vous-même. Vous êtes assis, et vous tenez les bras tendus devant vous, le dos des mains joint, les doigts tendus et les pouces vers le bas. Mettez une main au-dessus de l'autre, joignez les paumes, et croisez les doigts. Les mains ainsi jointes, portez-les à votre poitrine et faites-les reposer sur votre cœur (si votre poignet droit était en haut quand vous aviez les mains étendues, c'est le poignet gauche qui sera en haut quand elles reposent sur votre poitrine). Croisez les pieds de sorte que la même cheville soit par-dessus l'autre : s'il est plus confortable pour vous d'avoir le poignet gauche au-dessus de l'autre contre votre poitrine, mettez la cheville gauche par-dessus la droite. Cette phase préparatoire a pour but de centrer et de contenir l'énergie du corps. Ensuite commence la phase aux effets les plus puissants. En inspirant, posez votre langue sur votre palais ; en expirant, laissez redescendre la langue vers le bas de la bouche, là où elle repose habituellement quand vous ne parlez pas et ne mangez pas. Je rappelle à mes clients : "Quand la poitrine monte, faites monter votre langue. Quand la poitrine redescend, faites redescendre votre langue. On fait cela pendant environ deux minutes.

Pourquoi cette technique a-t-elle un tel effet calmant ? Comme je l'ai expliqué, du point de vue de la médecine chinoise, la phase de préparation aide à centrer et à contenir l'énergie dans le corps. Les respirations lentes et profondes font partie de nombreuses pratiques de méditation. La position du bout de la langue, touchant la gencive au-dessus et en dessous des dents de devant, active les Vaisseaux Gouverneur et Central (ou Conception) qui sont juste sous le nez et juste sous la lèvre inférieure. On considère que le Vaisseau Gouverneur, qui finit sous le nez, contrôle les méridiens yang qui nous ancrent à la terre, et que le Vaisseau Central, qui aboutit juste sous la lèvre inférieure, contrôle les méridiens yin qui nous relient au ciel. En conséquence, cet exercice a un effet profondément relaxant qui nous ancre et nous équilibre, parce qu'il coordonne toute l'énergie, ou qi, du corps.

Balance Hook Up (Visualiser à partir de la 3 minutes)
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Re: Matiere à réflexion

Message par Lincoln »

Le jour où je me suis aimé pour de vrai

Charlie Chaplin avait lu ce poème à l’occasion de son 70e anniversaire.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris qu’en toutes circonstances,
J’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle…
L’Estime de soi.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle n’étaient rien d’autre qu’un signal lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui je sais que cela s’appelle…
L’Authenticité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de vouloir une vie différente et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
La Maturité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation ou une personne, dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
Le Respect.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai commencé à me libérer de tout ce qui n’était pas salutaire, personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait cela de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
L’Amour propre.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé d’avoir peur du temps libre
Et j’ai arrêté de faire de grands plans, j’ai abandonné les méga-projets du futur.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime quand cela me plaît et à mon rythme.
Aujourd’hui, je sais que cela s’appelle…
La Simplicité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de chercher à avoir toujours raison,
Et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert…
L’Humilité.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois et cela s’appelle…
La Plénitude.

Le jour où je me suis aimé pour de vrai,
J’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur, elle devient une alliée très précieuse ! Tout ceci, c’est…
Le Savoir vivre.

Nous ne devons pas avoir peur de nous confronter.
Du chaos naissent les étoiles.

Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle…

La Vie !
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Lincoln
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Re: Matiere à réflexion

Message par Lincoln »

”Au fond, si on est confronté à l'événement, le choix est simple. Soit on a assez d'amour, on est suffisamment attaché à l'autre, et on va au-delà. Soit les jeux sont déjà faits, l'amour est déjà mort, et l'événement met un point final. L’infidélité a toujours quelque chose d’inéductable dans une relation parce qu’elle la met à nu.
Elle place chacun, sans oublier la personne avec qui il infidélité est commise, devant son réel désir et ses responsabilités. Sa liberté, aussi. Le meilleur exemple que l'on puisse donner est le film Ailleurs l'herbe est plus verte, avec Cary Grant. Pour résumer l'histoire, sa femme s’amourache d'un autre homme et par le rejoindre sous un faux prétexte. Évidemment après, elle culpabilise et s’attend à ce que son mari veuille divorcer. Mais ce dernier, qui tient à garder sa femme, lui répond substance que, dans un couple le fait que l’un trahisse ses engagements n'oblige aucunement l'autre à en faire autant. Bien au contraire.
De fait, être deux, un nous, c'est toujours, ou cela devrait l’être, pour le meilleur et pour le pire. Et l'infidélité fait justement partie du pire. Ensuite à chacun de voir ce qui est le mieux pour lui…”

Gilles Azzopardi : Infidélités et manipulations
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Lincoln
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Re: Matiere à réflexion

Message par Lincoln »

L’erreur est humaine comme l’horreur.

"C’est l’histoire d’un mec…

…après toutes ces années, ce soir-là, les fils se sont touchés, la lumière c’est éteinte.

Les gendarmes chercheront à comprendre pourquoi j’en étais arrivé là, je parle, je parle, tant de choses à dire, une des personnes me fera prendre conscience en imaginant que si nous nous séparions je n’aurais plus à subir tout ça, j’ai entrevu cette possibilité, c’était si évident, simple…
Le lendemain, je parle, je parle encore et encore, au tribunal, à l’assistante sociale (+30 min, écourtées par manque de temps) à l’avocate commise d’office, elle tiendra le même propos, ce besoin d’évacuer ce trop-plein, un déferlement…
Samedi travail, puis hôtel…
Le lundi, je vois le médecin et nous convenons de me mettre en maison de ”repos”, je séjourne chez un ami, une semaine environ après, j’y rentre, il indique, dépression et stress post-traumatique.

Ma cousine me conseilla de faire entendre les enfants par la police/gendarmerie afin de les faire témoigner le cas échéant, je ne l’ai pas fait pour ne pas envenimer les choses, et pourtant…

La personne effectuant mon suivi judiciaire, à mes questions, me répondit ”vous savez que vous avez mal agit et dites-vous que vous ne le referez plus”.

Le jour du jugement, avant l’audience elle m’indique fermement vouloir divorcer, j’acte.

À la barre je me ”défends” seul (bien que Mr GXXXXXe m’avait dit de laisser faire l’avocate, je ne sais si cela aurait été mieux ou non, mais je voulais être entendu).

Question de la présidente à la victime :
Pourquoi au vu de la situation (depuis 2014) n’avez-vous pas voulu suivre une thérapie de couple ?
Réponse de la victime : Parce que je ne tenais pas qu’un tiers ce mêle de notre histoire.
Je comprends mieux pourquoi après coup, dire que ma présence au tribunal en tant qu’accusé n’était pas pour ce motif...

Réquisitoire du procureur :
”...On a du mal à concevoir que la personne ici présente devant nous, ai pu en venir à de telles extrémités...”
Je me suis demandé à ce moment-là s’il ne s’était pas trompé en lieu et place de mon avocate.

Sa deuxième phrase est tout aussi intéressante, le rapport entre une personne et un objet, qui avait été l'objet de qui ?
Je ne devais la comprendre que bien plus tard, mais il ne l'est jamais et aussi avec de l'aide.

La psychologue m’a dit avoir vu des cas comme le mien, arriver à s’en sortir, avec du temps…

L’essentiel dans cette histoire, les enfants, des dommages collatéraux, une variable d’ajustement.

Chacun ses responsabilités.

Gardez-vous de ne point atteindre le point de non-retour.”
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Help120222
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Re: Matiere à réflexion

Message par Help120222 »

Et pourtant quand tu apprends l'adultère, tu n'as qu'une seule envie : tout casser et les détruire les deux qui t'ont utilisé comme paillasson.
Moi, j'ai appris qu'il la voyait aussi pendant les confinements.
Tu n'avais pas le droit d'aller à plus de 10 kms de chez toi. Tu devais éviter les interactions sociales. Et lui faisais 30 kms pour aller la niquer, prenait le risque de nous ramener le COVID et cerise sur le gâteau, il fallait respecter les directives du gouvernement. Faites ce que je dis, et moi je ferai ce que j'ai décidé en bon putain d'égoïste qui ne pense qu'à sa queue.
Certains hommes possèdent une perle précieuse... mais ils préfèrent aller jouer avec des cailloux...
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Sans Prétention
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Re: Matiere à réflexion

Message par Sans Prétention »

Lincoln a écrit : mar. 13 sept. 2022 12:56 ”Au fond, si on est confronté à l'événement, le choix est simple. Soit on a assez d'amour, on est suffisamment attaché à l'autre, et on va au-delà. Soit les jeux sont déjà faits, l'amour est déjà mort, et l'événement met un point final.


“Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe et fausse.”
― H. L. Mencken
Il existe pour chaque problème complexe une solution simple, directe et fausse (H.L. Mencken)
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Re: Matiere à réflexion

Message par Lincoln »

Qu'est ce que cette situation raconte de vous ?

Devriez-vous faire l'économie d'une thérapie ?

Ne devriez-vous pas vous protéger ?
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Lincoln
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Re: Matiere à réflexion

Message par Lincoln »

"Bien que je ne parle pas d’aliénation parentale dans mon livre, n’étant pas psychologue, c’est bien de celle-ci dont il s’agit et même du syndrome de Médée dont nous avons fait les frais, mes deux sœurs et moi… et notre père. Les exemples en sont nombreux !
Après la séparation de mes parents, ma mère n’a poursuivi qu’un objectif : se venger de son ex-mari en lui confisquant ses trois filles et en se servant d’elles pour mener à bien son projet de destruction de notre père. Vous verrez à la lecture de ce livre que nous avions chacune des rôles différents…
Si j’ai écrit ce livre, au moment où j’avais "digéré" mon histoire que je pouvais regarder droit dans les yeux et froidement, sans état d’âme, c’est pour dénoncer deux problèmes tabous : la résidence de l’enfant chez la mère à quelque 86% et seulement 12% des enfants en résidence alternée, et l’autre sujet, la maltraitance-vengeance exercée par un des deux parents et aussi la maltraitance faite aux enfants dans l’ensemble.
* De quel droit prive-t-on un parent de son enfant quand on n’a rien à lui reprocher et de quel droit prive-t-on un enfant de son parent ?
* En ce qui concerne les enfants maltraités devenus adultes, selon une étude publiée par l’association L’Enfant Bleu, 60 % des enfants maltraités gardent le silence à l’âge adulte sur la violence qu’ils ont subie. J’ai voulu dire à ces 60 % d'enfants maltraités devenus adultes, qu'il faut qu'ils témoignent de ce qu'ils ont vécu. Ce sont eux qui feront bouger les lignes, qui feront évoluer les mentalités.
De nombreuses associations qui militent pour le respect des droits, le partage de la résidence de l’enfant, contre la maltraitance, m’ont apporté leur soutien en présentant le livre sur leur site. Les liens que vous indiquez ne me sont pas inconnus. Je les ouvrirai demain.
Il y aurait encore plein de choses à dire, mais j’arrête là mon bavardage...."

Source : Les jeudis muets par Hippolyte Sylvie
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