La catégorie d'âge où l'infidélité conjugale augmente le plus est celle des... plus de 55 ans

Quel comportement adopter face à l’adultère, comment réagir? Beaucoup de questions, quelques débuts de réponses. Ne pas poster de témoignage dans cette rubrique.

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Eugene
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La catégorie d'âge où l'infidélité conjugale augmente le plus est celle des... plus de 55 ans

Message par Eugene » mar. 11 juil. 2017 14:20

Les couples connaissent de plus en plus ce qu'on pourrait appeler la crise de la soixantaine, qui correspond à la fin du travail et au départ des enfants. Cela entraîne une forte hausse de l'infidélité, sous différentes formes, mais aussi souvent des divorces.

Une étude récente de l'Institute for Family Studies menée par un professeur de l'Université de l'Utah aux Etats-Unis a montré que l'infidélité, si elle est en baisse avant 55 ans, connait un boom depuis quelques années. Un couple sénior sur cinq connait cette situation aujourd'hui, contre moins d'un sur 10 il y a dix ans. En France, plusieurs indices semblent indiquer qu'on avance dans le même sens : une étude de l'Ifop datant de janvier 2014 montrait que l'infidélité connaissait un boom après 20 ans de mariage : elle passait de 35 à 55% des cas.

Après 55 ans, la même étude observait une hausse spéctaculaire de l'infidélité féminine qui passait de 12% des couples à 40% des couples. La hausse des divorces gris (divorces après 60 ans) est la partie émergée de l'iceberg. 14% des divorces concernent des personnes de plus de 65 ans en 2010 selon un étude de l'Ined. C'est là encore beaucoup plus qu'auparavant.

On note une forte augmentation des infidélités chez les seniors aujourd'hui. Qu'est-ce qui explique ce changement ?

Marie-Aude Binet : Il y a plusieurs facteurs. Il y a d'abord un rallongement de la vie et une amélioration de la santé des séniors qui fait qu'au moment de la retraite on a encore envie de profiter de la vie. Et donc de sa sexualité : la sexualité se porte très bien pour les séniors aujourd'hui en France. Il peut y avoir un sursaut au moment de la retraite de cette sexualité.

Il y a ensuite le fait qu'au moment de la retraite, les couples ont généralement passé 30 ans de leur vie ensemble sans nécessairement prendre soin de leurs couples. On voit apparaître un décalage et donc parfois une mésentente, souvent inattendue, et qui en fait souvent une réadaptation mutuelle à mettre en place qui est mal vécue. Du coup, on se demande ce qu'on fait dans ce couple, on ne reconnait pas son conjoint. Cela favorise la tentation d'aller vers l'extérieur pour trouver quelque chose de plus agréable à vivre.

Il peut aussi avoir des problèmes latents depuis quelques années dans la sexualité du couple avec notamment des femmes qui ne sont pas très en demande sexuelle, en berne au niveau du désir, et qui à force de ne pas répondre au désir de leur conjoint le voit aller chercher quelque chose d'autre hors du foyer. Cela peut-être des hommes qui ont des troubles de l'érection (ou autre) et qui provoque la frustration chez les femmes qui attendent plus de réponse sexuelle. Mais cela peut aussi être de l'ordre de l'affection : les femmes se sentent moins aimées et perçoivent une baisse de l'intérêt du conjoint du fait de leur vieillissement. Elles éprouvent alors le besoin de reprendre confiance en elle au travers du regard d'un autre homme. Savoir si elles sont toujours aussi séduisantes. C'est valable aussi pour les hommes, évidemment. Après 60 ans, cela se vérifie autant en France qu'avec les quadras.

Peut-on parler de résurgence soixante-huitarde après 55 ans ?

Ce sont des soixante-huitards qui osent aujourd'hui franchir le pas que leurs parents n'ont pas franchi, celui d'une certaine liberté sexuelle, et d'un plaisir qu'ils peuvent s'autoriser à avoir. En revanche, les moyens employés pour se libérer ne sont pas toujours ceux qu'on attend. Beaucoup d'hommes ont recours à la prostitution, ce qui n'est pas le cas des quadras. Ce sont des hommes qui ne veulent pas mettre fin à leur couple et donc profite de ce recours sans que des liens affectifs ne se créent. Les femmes ont un peu plus de mal à mettre fin à leur vie de couple. Dans cette génération soixante-huitarde, nombreux sont ceux qui n'ont pas travaillé. Ils peuvent avoir une infidélité, mais cela reste donc aussi souvent caché. Pour les couples pour lesquels il va y avoir rupture à la clé, ce sont des couples qui généralement ont une certaine aisance matérielle.

Si les couples osent l'infidélité, c'est parce qu'ils recherchent une fin de vie plus agréable, mais ils vont généralement le cacher parce qu'ils craignent de terminer leur vie seul. À cet âge-là, l'infidélité est clairement une prise de risque. Mon expérience de thérapeute m'a montré que les couples qui vivent cette infidélité sont souvent des couples qui vivent ensemble depuis très longtemps. Ce ne sont pas des couples récents, et qui ont une retraite mal préparée.

Comment préparer cette retraite et ce cap dans leur vie de couple ?

Je considère que si cela ne se passe pas bien, c'est qu'il y a plusieurs raisons qui n'ont pas été prises en compte plus tôt dans la vie du couple.

Il s'agit de couples qui ont pris peu de temps ensemble, qui ont souvent construit leurs vies autour de leur vie professionnelle ou de celles de leurs enfants et qui ont négligé l'entretien de leur vie conjugale. Ce dysfonctionnement se montre tôt et est mis de côté jusqu'à ce que cette relation soit tout ce qui reste au couple.

La prévention serait de prendre soin de son couple très tôt et tout au long de sa vie conjugale.

Ensuite, il y a deux cas de figures : soit il y a un désir de vivre ensemble malgré tout, et dans ce cas-là il faut redessiner la relation de couple et voir comment on peut aménager la retraite. Il s'agit de laisser des moments pour soi et des moments pour apprendre à se connaître à nouveau et se retrouver à deux. Cela demande un effort des deux côtés, mais c'est possible.

Si un des deux ne veut plus, la rupture est la seule possibilité. Le couple peut prendre un nouveau virage que si les deux le souhaitent. On constate une hausse des divorces "gris" entre 60 et 65 ans, et il y en a moins après 70 ans, même si cela existe.

Quels autres cas d'infidélité chez les séniors ?

Il y a un autre type d'infidélité que l'on observe de plus en plus souvent, même si cela reste rare, celui de coming out d'hommes ou de femmes qui se produisent entre 55 et 65 ans. J'ai connu ces situations dans mon cabinet. Ils se rendent comptent qu'ils ont une autre orientation sexuelle et se "libèrent" à ce moment-là.

Il faut aussi noter que l'infidélité féminine correspond souvent au départ des enfants et à un refus de la ménopause comme fin de la sexualité.

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