Bonjour
Je reviens écrire un peu ici, pour donner des nouvelles, par égard pour ceux qui m'ont suivis, aidé, accompagnés. Je les en remercie de tout cœur, sincèrement.
Sans vous qui m'avez lu et soutenu, j'aurais vécu cet épisode de ma vie avec beaucoup plus de difficultés.
Je tenais à le souligner, vous êtes formidable!!!
Je ne peut plus repasser autant qu'avant, et j'en suis le premier attristé. Mais je suis dans une démarche qui comporte un volet un peu différent de la plupart d'entre vous.
Vous m'avez énormément aidé à comprendre ça, tous, par vos écrits, vos ressentis.
Je ne vais pas m'étendre trop sur le descriptif de mon état d'esprit actuel, je ne sait pas trop comment vous le faire comprendre de façon simple, alors plutôt que me perdre dans des phrases qui ne refléterons peut-être pas tout à fait ce que je m'applique à pratiquer auprès de mon épouse, je vous met le lien d'une vidéo qui vous fera mieux comprendre j'espère. Je vous reprend après si vous voulez bien. Merci.
Je ne sait pas quoi rajouter...Sinon que j'aimerai être à la hauteur de cet homme.
Ma femme est malade. Elle est paranoïaque.
Ce mot fait parfois sourire. Qui ne s'est jamais dit au sujet de quelqu'un ou de soi-même: "Purée, il est en train de devenir parano avec ses doutes!!!"
Le tout accompagné d'un petit sourire en coin, parce qu'on sait bien que ce n'est pas vrai. On oscille tous entre des phases de doutes et de certitudes, c'est même ce qui nous permet de nous situer dans un juste milieu. Nous faisons la part des choses.
Pour un(e) paranoïaque, c'est différent. C'est une maladie compliquée, du moins pour moi. Je ne comprend pas tout encore. J'essaie de décoder ses humeurs.
Un des premiers soucis de cette maladie, c'est que l’identification n'est pas aisée. Ses collègues de travail, "nos" amis, les personnes qu'elle croise dans sa vie,famille, rencontres fortuites, ect ne PEUVENT PAS savoir, ni comprendre.
Je suis pratiquement le seul hors médecins à savoir, et encore, vous avez suivis comment j'ai découvert ça. A mes dépends. Je suis encore déçu de ne pas avoir détecté ça moi-même et plus tôt. Bref.
Je n'en reviens d'ailleurs toujours pas de voir à quel point c'est ancré en elle, profondément dissimulé, enfoui, bien caché, et dénié avec une force incroyable!!!
Et pourtant, c'est bel et bien là!
J'ai fait pas mal de recherches et pris des renseignements dans le milieu médical pour essayer de comprendre tous les méandres de cette maladie, j'ai ainsi pu acquérir quelque certitudes. J'ai notamment trouvé un article dans un magazine web qui traite de la santé. Je ne connaît pas du tout ce magazine, mais cet article décrit avec tellement de justesse ce que vis mon épouse (et moi-même) que je vous en propose le lien ici.
http://www.e-sante.fr/qu-est-ce-qu-pers ... guide/1605
C'est un copié-collé de son état. En permanence sur la défensive. Un égo surdimensionné qui cache un abyssal manque de confiance en elle.
Elle passe par des périodes où ça va, la vie redevient "normale" sans heurts, avec des moment de rapprochements dont je ne sais pas encore s'ils sont vrai, mais ça ne fait rien, il y a bien une part de vrai quand même. Sans doutes...
Et puis tout d'un coup, un détail va venir tout foutre en l'air. Elle part alors dans son "trip" et se met à tourner en boucle, comme un feu qui s'auto-alimente sans pouvoir s'arréter. La colère l'envahit, elle ne peut même pas l'endiguer, elle n'est plus maîtresse de son comportement, de son raisonnement. Elle tient un discours contradictoire, mais avec une conviction et une force qui frise l'hystérie.
Il y a une semaine, la terre a tremblée, encore une fois...
Un détail, mal interprété, et elle part dans un raisonnement qui pourrait être complétement logique
SI le point de départ n'était pas faussé. Son imagination interprète mal un détail, mais elle est convaincue qu'elle a bien compris.
Et ce n'est même pas la peine d'essayer de reprendre ses propos pour tenter de lui expliquer là ou ça "cloche", c'est peine perdue. Quand elle pique une crise, il faut juste que je me fasse tout petit, attendre que ça passe.
Elle peut être d'une violence inouïe dans ses propos, mais il ne faut pas que j'en tienne compte...Dans ses gestes aussi, elle a saccagé un magnifique magnolia de 3 mètres de haut avec un déchaînement de violence incroyable pour une femme de son gabarit. Un arbuste offert par mes parents pour nos fiançailles, un symbole pour elle, probablement...
Les géraniums de cet été n'ont pas résisté non plus. Je m'en fou, c'est pour dire.
Elle a cassé quelques trucs, j'ai pris une baffe, un ou deux coups de poing aussi. Dur de rester calme...et pourtant nécessaire, sinon, c'est l'escalade assurée, je la sent capable du pire dans ces moments là, j'ai même l'impression qu'elle ne cherche que ça, comme pour se trouver une excuse plus tard.
Je suis un peu désemparé face à ça. Rien que ma présence attise sa haine dans ces moments là.
Et pourtant, je sens bien qu'il faut que cette colère sorte d'elle, que ça la ronge de l'intérieur comme si elle avait avalé une bouteille d'acide.
Je m'enlève donc du chemin, mais pas tout de suite, il faut qu'elle extériorise sa haine pour que ça redescende plus rapidement ensuite. Si je ne suis plus là pour qu'elle se déverse, elle garde ça en elle et ça met des jours, voire des semaines à sortir d'elle. Et ça c'est invivable au quotidien, la tension permanente.
Pour elle comme pour moi d'ailleurs. Elle en souffre, c'est évident.
Donc j'encaisse, je suis un peu son défouloir, occasionnellement son punchingball. Tant qu'elle n'a rien dans les mains, physiquement, je m'en fou, j'encaisse.
Puis, quand elle tourne les talons, je peut prendre un peu de distance, pour la laisser s’apaiser.
Mais je ne peut pas prendre la voiture et partir, il y a mon fils.
Elle ne lui fera jamais de mal, je ne crois pas, mais je ne peut pas lui faire courir le moindre risque. Donc je surveille dans un coin...
Une fois ce défoulement physique passé, elle a une petite période de fatigue, qui correspond généralement à la prise de conscience qu'elle a été trop loin. Et elle prend alors son traitement. 20 a 30 minutes après, je croise une autre personne, morte de honte, qui bien souvent s'en veut d'avoir dérapé. Mais je ne lui fait jamais de reproches, je sais bien qu'elle n'est plus maîtresse d’elle-même dans ces moments. Je ne vais pas vers elle non plus, elle le vivrait comme une agression, un peu comme si je venais pour me venger de son comportement. J'attends donc patiemment qu'elle vienne de nouveau vers moi, et je tente de la rassurer, de minimiser l'impact de ces débordements. Si je peu, j'essaie de la faire rire, ça dédramatise et crée de nouveau un climat plus serein et confiant.
Et puis quand elle s'endort, généralement assez vite ensuite, (je la soupçonne de sur doser sa prise de médicaments dans ces cas là) je suis soulagé d'un coté, mais atteint par ce déchainement de violence verbale. J'ai beau savoir qu'elle n'était pas elle-même, je me dis qu'il y a toujours un fond de vérité dans ces moments là.
Et je passe en revue tout ce qu'elle m'a dit, pris de doutes moi aussi. C'est dur de se confronter à ça. Elle exprime son ressenti, je dois en tenir compte, comme si c'était des choses qui se sont réellement passées pour pouvoir ensuite m'adapter à son comportement. Si elle ressent une chose qui n'existe pas en réalité, elle existe néanmoins chez elle. Je dois en tenir compte et mieux m'exprimer la fois suivante, soit en contournant le sujet, soit en trouvant une faille qu'elle sera obligée d'admettre pour comprendre que son raisonnement est altéré.
Et même ça, c'est d'un fonctionnement aléatoire. Si je choisis le bon moment, les bons mots, que j'adopte la bonne attitude, elle peut comprendre la démarche. Pour mieux la nier le lendemain. Et l'effet est alors pire, puisqu'elle pense à ce moment là que je l'ai manipulé...
Cercle vicieux infernal. C'est à moi de ressentir si je doit ou pas le faire, en fonction du degré de sensibilité du sujet, de son état, du mien, ect...
Et pourtant, l'ambiance va mieux, par moments. On arrive même parfois à vivre de bons moments. Pas le Nirvana, c'en est loin encore, mais j'y crois toujours.
Avec plus ou moins de conviction, suivant les jours. Certains jours c'est dur. Très dur.
J'ai peur de me perdre en elle, de me dissoudre, m'épuiser. Mais comment faire autrement???
Ma psy m'a dit de prendre de la distance, de me préserver...Facile à dire.
J'ai enfin trouvé le courage d'appeler à nouveau l'UNAFAM, cette association de bénévoles formidable qui accompagne les personnes atteintes de déficiences psychique, et aussi les familles de ceux-ci.
Ils sont incroyable. D'une générosité et d'une compréhension qui permettent de relativiser. Certains cas sont très lourds en terme d'accompagnement.
J'ai pu discuter avec une personne qui a de suite compris la situation. Je lui demandai comment faire "mieux", pour que ce soit plus vivable.
Après m'avoir confirmé que ce que je faisait était ce qu'il fallait faire dans ces cas là, elle m'a proposé de rencontrer dans ma région un groupe de personnes qui traversaient elles aussi ces passages compliqué.
Je lui ai expliqué que ce n'était pas très facile pour moi de faire ce type de rencontres sans que ma femme ne soit au courant...et que donc, ce n'était pas judicieux...Elle en a convenue avec moi...
Elle a clôturé cet entretien fort instructif par une évidence qui ne m'avait encore pas frappée: il faut accepter d'être impuissant face à ça.
Encore quelques séances de psy en perspective.
D'autant que ma femme a repris ses démarches de rencontres fortuites sur son Fb, pas avec le même qui a fini par la jeter, mais des nouveaux.
Je ne sais que penser non plus quand elle me dit: "prends une maîtresse, ça te feras du bien", ou encore "tu ne penses tout de même pas que si j'ai un amant je te le dirais???" ...
Je me fou un peu de ça en vérité. Vu l'état de notre "couple" qu'elle ai un amant virtuel ou non d'ailleurs n'aura pas une grande incidence sur le reste.
Nous n'avons plus de rapports d'amour, ou alors des bribes, de ci, de là. Notre "couple" n'existe plus. Enfin pas comme je l'avais imaginé au départ.
Mais elle est malade, je m'occupe donc d'elle, "jusqu’à ce que la mort nous sépare".
Elle a finalement appelé le thérapeute familial.
" bonjour, je vous contacte au sujet d'un divorce avec (elle fait semblant de chercher ses mots) l'homme avec lequel je vis, et qui est aussi mon mari. Nous voudrions que ça se passe en harmonie. merci de rappeler" a-t-elle laissé sur son répondeur, devant moi.
Provoc', évidement.
On ira, ou pas, je ne sais pas si elle voudra au dernier moment, elle a déjà perdue 4 fois son N°...
Ça n'a pas grande importance de toutes façons...
Soit on contourne le sujet si le psy n'est pas percutant, soit on entre dedans, et ça sera le déni. Avec son vraisemblable cortège de débordements.
Mais bon, on l'aura fait.
A oui, j'allais oublier, j'ai tenu 16 jours sans fumer. J'ai replongé le lendemain d'une grosse colère de mon épouse. C'est pas sa faute, hein, c'est moi qui fume.
A force de faire des pavés sur ce forum et de ne rien reconstruire, je me demande si je ne fabrique pas un caveau finalement...
Rhoo, allez, c'était de l'humour. Noir, cela va de soi!
Bon courage à vous tous.