Conan le Cornard (2) a écrit : jeu. 23 janv. 2020 11:48
"Valou" s'est parfois plus préoccupée des affaires de famille de Doom que des miennes. Elle lui a été d'un grand réconfort et a par exemple surinvesti la dépression de la soeur de Doom, qu'elle n'a par ailleurs jamais rencontrée. Devant ses amants, elle jouait à fond sur l'écoute et l'empathie, échangeant énormément sur leurs problèmes. Par contre pour moi qui devais affronter l'adultère de ma conjointe et le cancer incurable de ma mère, zéro. Bien que Valeria et Doom n'étaient plus ensemble, elle a fait tout son possible pour l'épauler au maximum dans son épreuve. C'est ce qui l'a conduit par ailleurs à aller le voir en cachette en juillet 2017 (Doom voulait la remercier pour l'avoir autant soutenu), ce qui a rendu Ducon fou de jalousie.
Je dépose ma toute légère et humble casquette d'analyste pour te raconter une anecdote.
Mon père : 60 ans passés. Il court, il court, avec la maladie d'amour, par monts et par vaux, quand ce n'est pas par jument...
Repas de famille, sorties en solo, foot, club de rando. La belle vie.
Il est peut-être malheureux mais les chances pour que ça vienne du foyer sont minces : ma mère se casse le bol comme c'est pas permis pour faire tourner la baraque et il en profite grave. Ca n'enlève pas les démons internes mais, à priori, il devrait savoir que si problème il y a, ça vient de lui ou alors, un bon dialogue s'impose avec sa chère et tendre. Mais pas devant un psy par contre : lui sait mieux que le psy.
Et surtout, il doit toujours avoir raison : lui sait mieux que ma mère ce qu'elle ressent.
Sa chère et rendre justement. Ma mère : 60 ans tout juste. Elle s'occupe matin, midi, soir de mon grand-père grabataire (le père de mon père oui même pas le sien), lui change les couches parfois. Le fait manger toujours. Lui tient compagnie souvent.
L'écoute divaguer, subit les foudres de ma grand-mère (la mère de mon père). Un sacré morceaux elle : éternelle insatisfaite, vicieuse, blessante, peu empathique. Est capable d'une logorrhée à faire pâlir de jalousie le sergent Hartaman dans Full Metal Jacket avec une facilité déconcertante.
Ma mère, au bord du burn-out (tiens donc).
Mon père, tout va bien mais bon, comme elle passe son temps à s'occuper des vieux, il la trouve moins désirable sans doute. Pas assez comme ci, trop peu comme ça. Pas assez attentive à ses "besoins" physiques aussi. Ouh, ça en fait des griefs contre l'officielle dis donc.
Il trouve une "Muriel" sur sa route. "Mais oui tu comprends, un divorce c'est compliqué, elle avait besoin de soutien".
Et ma grand-mère d'ajouter : "Si tu étais à l'écoute de ton mari, il n'aurait pas besoin de courir ailleurs".
FIn de l'anecdote. Chacun tire les conclusions qu'il veut.
Conan le Cornard (2) a écrit : jeu. 23 janv. 2020 11:48
C'est quand même incroyable ce triangle amoureux Valeria-Doom-Ducon. Triangle dans lequel je n'existais absolument pas (sinon ça ferait un carré). Dans sa correspondance avec Valeria, Ducon ne parlait quasiment jamais de moi. Je n'étais qu'un point de détail dans le tableau, dont on ne se souciait aucunement. Par exemple Ducon avait un coup rappelé à Valeria (dans le document sur google drive) que c'était pour lui qu'elle avait quitté Doom (et donc pas pour moi). Confrontée à cette phrase, Valeria m'a toujours expliqué que Ducon se faisait des films.
Ca reste une triangulation : toi, elle et les prochains, les passés, les actuels. De temps en temps un accident : il n'y a qu'un amant.
En tous cas, oui, c'est clair, tu es un point dans un tableau impressionniste. Une tâche peut-être. Parce qu'elle pense que tu n'existes pas : tu es derrière elle, intégré à son paysage plus impressionnant qu'impressionniste, un coup de pinceau imprécis, indécis, et quoiqu'elle fasse, tu diras oui. Tu iras dans le sens de sa couleur. Tu n'as pas de personnalité propre pour elle, pas le pouvoir de dire non. Ni celui de dire oui d'ailleurs : elle cache la vérité.
As-tu déjà essayé de jouer à un jeu dont tu ne connais ni les règles ni les cartes "maîtresses" ?
Au risque d'écorcher certaines sensibilités, ne pas dire (mensonge par omission) est et restera un refus de communiquer. Ca n'a rien avoir avec un quelconque jardin secret. C'est un terrain de chasse, un terrain de jeu sur lequel se construit un rapport de force qui mine et finit par détruire celui qui ne sait pas jouer. On prend des décisions en général par rapport à ce à quoi on aspire et l'adéquation d'une situation en fonction de ces aspirations : j'aime le chocolat, je suis allergique à la pistache. Je prends une glace à la noisette, bon y plus de chocolat...
Et voilà que ta compagne, "l'amour de ta vie" te donne une glace en te disant : "tiens, du chocolat, c'est ce que tu voulais". Après trois coups de langue, les boutons arrivent, tu suffoques. En fait, c'était de la pistache.
On t'aurait dit pistache, t'aurait pris ou pas. Mais là on te force à en prendre et en plus on t'explique que c'est de ta faute, t'as mangé trop vite, t'as pas compris que c'était un chocolat auquel tu n'es pas habitué... Voilà toute la violence du non-dit lorsqu'il s'étend sur les territoires du mensonge : on passe de la protection de soi et de l'autre à la manipulation de l'autre pour la conservation de soi.
Conan le Cornard (2) a écrit : jeu. 23 janv. 2020 11:48
Ca me fait du bien d'écrire. C'est parfois en écrivant qu'on arrive à comprendre l’énormité des choses. Quand je m'arrête un peu et que je relis tout ce que j'ai écrit sur ces pages, je comprends vraiment qu'il est temps de plier bagages.
Je ne sais pas s'il faut arrêter de manger de la glace ou cette glace là.
Simplement, tu sais qu'elle est à la pistache.
Soit t'as une sorte d'antidote pour compenser, soit tu bazardes le truc qui te rends malade. Mais en aucun cas, même si tu le veux de toutes tes forces, Valou est ton chocolat glacé.