Être trompé n’est pas une honte. La honte commence quand la société se moque de la victime plutôt que de la trahison. C’est cela, la cocuphobie.

Une réalité massive, loin d’être marginale

Les études sur l’infidélité montrent des chiffres élevés : selon les enquêtes, une part importante des adultes déclare avoir déjà trompé ou avoir été trompée au cours de sa vie. Autrement dit, affirmer qu’« une personne sur deux est cocue » relève moins de la provocation que d’un constat sociologique.

Pourtant, malgré cette fréquence, la victime d’adultère reste souvent pointée du doigt. Dans l’imaginaire collectif, le « cocu » devient un personnage comique, une figure dont on rit, qu’on caricature ou qu’on méprise. C’est précisément ce mécanisme de moquerie, de rejet et d’inversion des rôles que la cocuphobie cherche à nommer et à dénoncer.

Des conséquences psychologiques profondes

La cocuphobie peut ainsi entraîner :

  • une baisse importante de l’estime de soi ;
  • un repli sur soi et un isolement social ;
  • une méfiance durable envers les relations affectives ;
  • des répercussions sur la vie familiale, sociale et professionnelle.

Il ne s’agit donc pas d’un simple « problème de couple », mais bien d’une souffrance psychologique réelle, qui peut se prolonger longtemps après la découverte de la tromperie.

Un enjeu de société

Malgré l’ampleur du phénomène, la cocuphobie reste largement ignorée sur le plan institutionnel. Les victimes de tromperie ont peu d’espaces dédiés pour être entendues, reconnues et accompagnées. Le plus souvent, elles doivent « faire avec », rester discrètes, voire supporter les blagues et les remarques blessantes de leur entourage.

Nommer, c’est faire exister

Parler de cocuphobie, c’est d’abord nommer une injustice. Tant que le phénomène reste sans nom, il est plus facile de le minimiser ou de le tourner en dérision. En lui donnant un mot, on le rend visible et on ouvre la voie à une forme de reconnaissance sociale.

En introduisant ce terme dans le langage courant, SOS Cocu souhaite :

  • libérer la parole des personnes trompées ;
  • briser la honte injuste qui pèse sur les victimes ;
  • rendre leur dignité à celles et ceux qui ont subi une trahison ;
  • transformer une souffrance individuelle en cause collective.
Que faire si je suis concerné(e) ?

Si vous vous reconnaissez dans ces situations, sachez que vous n’êtes pas seul(e). La cocuphobie peut donner l’impression d’être condamné(e) à se taire, mais il existe des espaces pour parler, déposer ce que vous vivez et rencontrer d’autres victimes de tromperie.

Vous pouvez :

Vous n’êtes pas seul(e). Et surtout, vous n’êtes pas coupable.