Un avocat guide sa cliente dans les couloirs du palais de justice

Statut juridique et conséquences civiles

L’adultère est-il interdit par la loi en France ?
L’adultère est-il juridiquement sans conséquence ?
Le devoir de fidélité

L’article 212 du Code civil dispose que les époux se doivent mutuellement :

  • respect,
  • fidélité,
  • secours,
  • assistance.

L’adultère constitue donc une violation du devoir de fidélité, et à ce titre, une faute civile.

L’adultère et le divorce

L’adultère peut être pris en compte dans le cadre :

  • d’un divorce pour faute,
  • ou, plus largement, dans l’appréciation du comportement des époux.

Le juge examine notamment :

  • la gravité des faits,
  • leur durée,
  • leur caractère répété ou organisé,

L’adultère ne conduit pas automatiquement à un divorce aux torts exclusifs, ni à une condamnation financière.

Dommages et intérêts : dans quels cas sont-ils possibles ?

Un époux peut obtenir des dommages et intérêts si un préjudice distinct est démontré.

Fondement juridique
  • Article 266 du Code civil (en lien avec le divorce)
  • ou article 1240 du Code civil (responsabilité civile)
Exemples de préjudices reconnus par la jurisprudence :
  • humiliation publique,
  • atteinte à la dignité,
  • souffrance morale particulièrement intense,
  • double vie prolongée,
  • conséquences psychologiques avérées.

Le préjudice doit être prouvé. Le juge apprécie au cas par cas.

Distinction essentielle : dommages et intérêts / prestation compensatoire

La confusion est fréquente, mais juridiquement importante.

Dommages et intérêts
  • Réparent un préjudice moral ou matériel
  • Peuvent être accordés en lien avec une faute, dont l’adultère
  • Ne sont pas automatiques
Prestation compensatoire (article 270 du Code civil)
  • Vise uniquement à corriger une disparité de niveau de vie liée au divorce
  • Indépendante de toute faute
  • Peut être accordée même en l’absence d’adultère

Les deux mécanismes sont juridiquement distincts.

En résumé
  • L’adultère n’est plus interdit pénalement en France.
  • Il reste une faute civile en raison du devoir de fidélité.
  • Il peut être pris en compte dans un divorce.
  • Il peut donner lieu à des dommages et intérêts, uniquement si un préjudice spécifique est démontré.
  • Ces dommages sont distincts de la prestation compensatoire.