Statut juridique et conséquences civiles
En droit français, l’adultère n’est plus une infraction pénale. Il demeure toutefois une faute civile, en ce qu’il constitue une violation du devoir de fidélité entre époux. À ce titre, il peut être pris en compte dans le cadre d’un divorce et, dans certaines circonstances, donner lieu à l’octroi de dommages et intérêts lorsqu’un préjudice distinct est établi. Ces dommages sont juridiquement distincts de la prestation compensatoire prévue à l’article 270 du Code civil.
L’adultère est-il interdit par la loi en France ?
Non. L’adultère n’est plus une infraction pénale en droit français. Jusqu’en 1975, il constituait un délit. Depuis la réforme du divorce (loi du 11 juillet 1975), aucune sanction pénale (amende ou emprisonnement) ne peut être prononcée du seul fait d’une infidélité. En France, on ne “condamne” plus l’adultère pénalement.
L’adultère est-il juridiquement sans conséquence ?
Non. Si l’adultère n’est plus un délit, il demeure juridiquement pertinent en droit civil, car le mariage impose toujours des devoirs réciproques.
Le devoir de fidélité
L’article 212 du Code civil dispose que les époux se doivent mutuellement :
- respect,
- fidélité,
- secours,
- assistance.
L’adultère constitue donc une violation du devoir de fidélité, et à ce titre, une faute civile.
L’adultère et le divorce
L’adultère peut être pris en compte dans le cadre :
- d’un divorce pour faute,
- ou, plus largement, dans l’appréciation du comportement des époux.
Le juge examine notamment :
- la gravité des faits,
- leur durée,
- leur caractère répété ou organisé,
- leur impact sur l’autre conjoint et sur la cellule familiale.
L’adultère ne conduit pas automatiquement à un divorce aux torts exclusifs, ni à une condamnation financière.
Dommages et intérêts : dans quels cas sont-ils possibles ?
Un époux peut obtenir des dommages et intérêts si un préjudice distinct est démontré.
Fondement juridique
- Article 266 du Code civil (en lien avec le divorce)
- ou article 1240 du Code civil (responsabilité civile)
Exemples de préjudices reconnus par la jurisprudence :
- humiliation publique,
- atteinte à la dignité,
- souffrance morale particulièrement intense,
- double vie prolongée,
- mensonges répétés et organisés,
- conséquences psychologiques avérées.
Le préjudice doit être prouvé. Le juge apprécie au cas par cas.
Distinction essentielle : dommages et intérêts / prestation compensatoire
La confusion est fréquente, mais juridiquement importante.
Dommages et intérêts
- Réparent un préjudice moral ou matériel
- Peuvent être accordés en lien avec une faute, dont l’adultère
- Ne sont pas automatiques
Prestation compensatoire (article 270 du Code civil)
- Vise uniquement à corriger une disparité de niveau de vie liée au divorce
- Indépendante de toute faute
- Peut être accordée même en l’absence d’adultère
Les deux mécanismes sont juridiquement distincts.
En résumé
- L’adultère n’est plus interdit pénalement en France.
- Il reste une faute civile en raison du devoir de fidélité.
- Il peut être pris en compte dans un divorce.
- Il peut donner lieu à des dommages et intérêts, uniquement si un préjudice spécifique est démontré.
- Ces dommages sont distincts de la prestation compensatoire.











