Les types de divorce en France – Guide juridique

Droits, procédures et jurisprudence

Divorce par consentement mutuel
Fondement juridique
  • sur le principe de la rupture du mariage ;
  • et sur toutes ses conséquences (garde des enfants, prestation compensatoire, partage des biens) .

Depuis la réforme de 2017, ce divorce se déroule hors juge, par acte d’avocats contresigné, puis enregistré chez un notaire .

Procédure
  1. Chaque époux consulte un avocat (obligatoire) ;
  2. Rédaction d’une convention réglant toutes les conséquences du divorce ;
  3. Délai de réflexion obligatoire de 15 jours ;
  4. Signature et dépôt chez un notaire.
Caractère et enjeux
  • Pas de juge familial requis sauf cas particulier (ex : enfant mineur demande à être entendu par le juge) ;
  • Procédure rapide et moins coûteuse ;
  • Garantie d’un accord complet évitant un contentieux prolongé.
Jurisprudence pertinente

Ce type de divorce étant consensuel, il donne rarement lieu à une jurisprudence doctrinale spécifique sur le fondement : l’enjeu porte surtout sur la validité de la convention (vice de consentement, défaut d’information…) plutôt que sur le principe même du divorce.

Divorce pour acceptation du principe de la rupture du mariage
Fondement juridique

L’acceptation peut être exprimée avant ou pendant l’instance en présentant une déclaration d’acceptation devant le juge.

Procédure
  • Saisine du juge aux affaires familiales (JAF) ;
  • Présentation de l’acceptation du principe ;
  • Le juge tranche ensuite seulement les conséquences matérielles et parentales.
Particularités
  • Pas de discussion sur les causes ;
  • Permet de limiter le débat aux conséquences seulement.
Jurisprudence
Divorce pour altération définitive du lien conjugal
Fondement juridique
Délais et preuves

Depuis la réforme récente, l’époux demandeur doit justifier que la vie commune a cessé depuis au moins un an au moment de l’introduction de la demande . La jurisprudence a précisé que la preuve peut être rapportée par tous moyens (factures, attestations, constats, etc.) .

Procédure
  • Assignation en divorce ou requête conjointe ;
  • Chacun des époux est assisté par un avocat ;
  • Le juge vérifie la cessation de vie commune et prononce le divorce.
Jurisprudence marquante
  • Cass. Civ. 1re, 17 octobre 2019, 18-19.285 : la Cour a rappelé qu’une demande de divorce fondée sur l’altération définitive ne peut être réintroduite si elle avait déjà été jugée irrecevable par autorité de la chose jugée, sauf faits nouveaux, consolidant la sécurité juridique de l’instance .
  • Jurisprudence doctrinale (ex : Cass. Civ. 1re, 25 nov. 2009, 08-17.117) a indiqué que même une brève réconciliation ne fait pas obstacle au constat de cessation de vie commune, si la séparation matérielle et affective est démontrée .
Commentaires doctrinaux

La portée de l’altération définitive comme cause de divorce a été discutée devant la Cour de cassation (ex : débats relatifs à la durée et à la preuve de la cessation de vie commune) .

Divorce pour faute
Fondement juridique
Obligations violées (jurisprudence et doctrine)

Le juge apprécie au cas par cas si les faits constituent une violation significative des devoirs du mariage :

  • Communauté de vie : abandon injustifié du domicile conjugal ;
  • Secours et assistance : refus d’aider matériellement ou moralement ;
  • Respect et loyauté : violences, harcèlements, comportements injurieux .
Procédure
  1. Assignation en divorce devant le JAF ;
  2. Tentative de conciliation ;
  3. Production des preuves (témoignages, constats…) ;
  4. Audience et décision.

Le juge peut prononcer le divorce aux torts exclusifs d’un époux, aux torts partagés ou sans mentionner les torts si les époux en conviennent .

Jurisprudence représentative
  • Décision de la Cour d’appel de Paris, RG n°16/25640 : confirmant que la violation grave ou renouvelée des obligations matrimonial peut justifier le prononcé du divorce pour faute lorsque la preuve est rapportée .
Interactions entre les causes (passerelles)

En droit français, chaque type de divorce répond à une situation juridique distincte :

  • Consentement mutuel : accord complet et non conflictuel ;
  • Acceptation du principe : accord sur le divorce, désaccord sur les conséquences ;
  • Altération définitive du lien conjugal : séparation de fait durable sans faute à prouver ;
  • Pour faute : violation grave des obligations matrimoniales avec preuve requise.

La jurisprudence française – notamment de la Cour de cassation – a clarifié de nombreux points pratiques, notamment la preuve de la cessation de vie commune, l’articulation des demandes concurrentes et la portée des dommages-intérêts.

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