L’étymologie du mot cocu : un héritage médiéval qui façonne encore les mentalités
Origine : le coucou, un symbole de substitution

Le mot cocu apparaît dès le XIIᵉ siècle. Il provient du coucou, un oiseau réputé pour pondre dans le nid d’autres espèces, laissant les parents adoptifs élever un petit qui n’est pas le leur.
Cette image, immédiatement parlante dans les sociétés rurales médiévales, est devenue une métaphore de la tromperie conjugale :
cocu, c’est “celui à qui on met un autre dans le nid”.

Les premières occurrences (coq, coqu, cocus, cocuiz) témoignent d’une stabilisation très ancienne dans la langue.

Un terme invariable et non genré

Depuis son apparition, cocu est invariable :

  • pas de “e” au féminin,
  • pas de pluriel marqué,
  • même forme pour tous.

On dit donc :

  • une femme cocu,
  • des personnes cocu.

Cette invariabilité est due au fait que cocu est issu d’un nom d’animal utilisé comme attribut social, et non d’un adjectif classique. Le mot désigne d’abord une condition imposée, plutôt qu’une caractéristique personnelle.

Charge sociale : du Moyen Âge à aujourd’hui

Au fil des siècles, cocu s’est chargé d’une dimension satirique, parfois humiliante, largement entretenue par :

  • la littérature comique,
  • les fabliaux,
  • la tradition théâtrale (Molière, La Fontaine),
  • les chansons populaires,
  • les proverbes et dictons.

Être “cocu” n’était pas seulement être trompé : c’était être tourné en dérision. C’est ce terreau culturel qui a permis l’installation de la cocuphobie.