Aveuglé par la nuit...

La découverte de l’infidélité est une expérience traumatique. Il est souvent difficile d’être objectif lorsque nous traversons des situations déstabilisantes. Parlons en sans complexe.

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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Sans Prétention » lun. 26 oct. 2015 11:16

Toc ! Toc !

Il est passé où Dom ? Anyone knows ?!!!??! :doute:


Voler, c'est quand on a trouvé un objet qui a pas encore été perdu...

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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » mar. 27 oct. 2015 02:15

Bonjour Sp, je ne suis jamais bien loin, mais pendant les vacances de mon épouse, je ne vais pas trop sur l'ordi. Quand on ne veut pas attirer la foudre, il ne faut pas se déguiser en paratonnerre...

Je viendrai poster la semaine prochaine, ce sera plus "calme".

Mais je vous lis et pense fort à vous!!!

Courage à tous.


Dans la vie, fais confiance à ceux qui peuvent voir ces trois choses: ta peine derrière ton sourire, ton amour à travers ta colère et la raison de ton silence.

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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » jeu. 5 nov. 2015 11:59

Un bref résumé pour les nouveaux qui ne souhaitent pas tout relire:

J'ai découvert que ma femme avait des "contacts" par internet, Fb plus précisément. De fil en aiguille, après ma venue ici et des échanges constructifs, je suis arrivé a faire un lien avec une maladie dont souffre mon épouse, la paranoïa. Je ne soupçonnais pas la portée et j'ai un peu accentué son état en lui demandant un break cet été. Que j'ai cependant mis à profit pour comprendre.

Voilà ou nous en sommes aujourd'hui


Dans la vie, fais confiance à ceux qui peuvent voir ces trois choses: ta peine derrière ton sourire, ton amour à travers ta colère et la raison de ton silence.

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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » jeu. 5 nov. 2015 12:05

Bonjour

Je reviens écrire un peu ici, pour donner des nouvelles, par égard pour ceux qui m'ont suivis, aidé, accompagnés. Je les en remercie de tout cœur, sincèrement.
Sans vous qui m'avez lu et soutenu, j'aurais vécu cet épisode de ma vie avec beaucoup plus de difficultés.
Je tenais à le souligner, vous êtes formidable!!! :super:

Je ne peut plus repasser autant qu'avant, et j'en suis le premier attristé. Mais je suis dans une démarche qui comporte un volet un peu différent de la plupart d'entre vous.
Vous m'avez énormément aidé à comprendre ça, tous, par vos écrits, vos ressentis.
Je ne vais pas m'étendre trop sur le descriptif de mon état d'esprit actuel, je ne sait pas trop comment vous le faire comprendre de façon simple, alors plutôt que me perdre dans des phrases qui ne refléterons peut-être pas tout à fait ce que je m'applique à pratiquer auprès de mon épouse, je vous met le lien d'une vidéo qui vous fera mieux comprendre j'espère. Je vous reprend après si vous voulez bien. Merci.





Je ne sait pas quoi rajouter...Sinon que j'aimerai être à la hauteur de cet homme.
Ma femme est malade. Elle est paranoïaque.
Ce mot fait parfois sourire. Qui ne s'est jamais dit au sujet de quelqu'un ou de soi-même: "Purée, il est en train de devenir parano avec ses doutes!!!"
Le tout accompagné d'un petit sourire en coin, parce qu'on sait bien que ce n'est pas vrai. On oscille tous entre des phases de doutes et de certitudes, c'est même ce qui nous permet de nous situer dans un juste milieu. Nous faisons la part des choses.

Pour un(e) paranoïaque, c'est différent. C'est une maladie compliquée, du moins pour moi. Je ne comprend pas tout encore. J'essaie de décoder ses humeurs.
Un des premiers soucis de cette maladie, c'est que l’identification n'est pas aisée. Ses collègues de travail, "nos" amis, les personnes qu'elle croise dans sa vie,famille, rencontres fortuites, ect ne PEUVENT PAS savoir, ni comprendre.
Je suis pratiquement le seul hors médecins à savoir, et encore, vous avez suivis comment j'ai découvert ça. A mes dépends. Je suis encore déçu de ne pas avoir détecté ça moi-même et plus tôt. Bref.
Je n'en reviens d'ailleurs toujours pas de voir à quel point c'est ancré en elle, profondément dissimulé, enfoui, bien caché, et dénié avec une force incroyable!!!
Et pourtant, c'est bel et bien là!

J'ai fait pas mal de recherches et pris des renseignements dans le milieu médical pour essayer de comprendre tous les méandres de cette maladie, j'ai ainsi pu acquérir quelque certitudes. J'ai notamment trouvé un article dans un magazine web qui traite de la santé. Je ne connaît pas du tout ce magazine, mais cet article décrit avec tellement de justesse ce que vis mon épouse (et moi-même) que je vous en propose le lien ici. http://www.e-sante.fr/qu-est-ce-qu-pers ... guide/1605

C'est un copié-collé de son état. En permanence sur la défensive. Un égo surdimensionné qui cache un abyssal manque de confiance en elle.
Elle passe par des périodes où ça va, la vie redevient "normale" sans heurts, avec des moment de rapprochements dont je ne sais pas encore s'ils sont vrai, mais ça ne fait rien, il y a bien une part de vrai quand même. Sans doutes...
Et puis tout d'un coup, un détail va venir tout foutre en l'air. Elle part alors dans son "trip" et se met à tourner en boucle, comme un feu qui s'auto-alimente sans pouvoir s'arréter. La colère l'envahit, elle ne peut même pas l'endiguer, elle n'est plus maîtresse de son comportement, de son raisonnement. Elle tient un discours contradictoire, mais avec une conviction et une force qui frise l'hystérie.

Il y a une semaine, la terre a tremblée, encore une fois...
Un détail, mal interprété, et elle part dans un raisonnement qui pourrait être complétement logique SI le point de départ n'était pas faussé. Son imagination interprète mal un détail, mais elle est convaincue qu'elle a bien compris.
Et ce n'est même pas la peine d'essayer de reprendre ses propos pour tenter de lui expliquer là ou ça "cloche", c'est peine perdue. Quand elle pique une crise, il faut juste que je me fasse tout petit, attendre que ça passe.

Elle peut être d'une violence inouïe dans ses propos, mais il ne faut pas que j'en tienne compte...Dans ses gestes aussi, elle a saccagé un magnifique magnolia de 3 mètres de haut avec un déchaînement de violence incroyable pour une femme de son gabarit. Un arbuste offert par mes parents pour nos fiançailles, un symbole pour elle, probablement...
Les géraniums de cet été n'ont pas résisté non plus. Je m'en fou, c'est pour dire.
Elle a cassé quelques trucs, j'ai pris une baffe, un ou deux coups de poing aussi. Dur de rester calme...et pourtant nécessaire, sinon, c'est l'escalade assurée, je la sent capable du pire dans ces moments là, j'ai même l'impression qu'elle ne cherche que ça, comme pour se trouver une excuse plus tard.
Je suis un peu désemparé face à ça. Rien que ma présence attise sa haine dans ces moments là.

Et pourtant, je sens bien qu'il faut que cette colère sorte d'elle, que ça la ronge de l'intérieur comme si elle avait avalé une bouteille d'acide.
Je m'enlève donc du chemin, mais pas tout de suite, il faut qu'elle extériorise sa haine pour que ça redescende plus rapidement ensuite. Si je ne suis plus là pour qu'elle se déverse, elle garde ça en elle et ça met des jours, voire des semaines à sortir d'elle. Et ça c'est invivable au quotidien, la tension permanente.

Pour elle comme pour moi d'ailleurs. Elle en souffre, c'est évident.
Donc j'encaisse, je suis un peu son défouloir, occasionnellement son punchingball. Tant qu'elle n'a rien dans les mains, physiquement, je m'en fou, j'encaisse.
Puis, quand elle tourne les talons, je peut prendre un peu de distance, pour la laisser s’apaiser.
Mais je ne peut pas prendre la voiture et partir, il y a mon fils.
Elle ne lui fera jamais de mal, je ne crois pas, mais je ne peut pas lui faire courir le moindre risque. Donc je surveille dans un coin...

Une fois ce défoulement physique passé, elle a une petite période de fatigue, qui correspond généralement à la prise de conscience qu'elle a été trop loin. Et elle prend alors son traitement. 20 a 30 minutes après, je croise une autre personne, morte de honte, qui bien souvent s'en veut d'avoir dérapé. Mais je ne lui fait jamais de reproches, je sais bien qu'elle n'est plus maîtresse d’elle-même dans ces moments. Je ne vais pas vers elle non plus, elle le vivrait comme une agression, un peu comme si je venais pour me venger de son comportement. J'attends donc patiemment qu'elle vienne de nouveau vers moi, et je tente de la rassurer, de minimiser l'impact de ces débordements. Si je peu, j'essaie de la faire rire, ça dédramatise et crée de nouveau un climat plus serein et confiant.

Et puis quand elle s'endort, généralement assez vite ensuite, (je la soupçonne de sur doser sa prise de médicaments dans ces cas là) je suis soulagé d'un coté, mais atteint par ce déchainement de violence verbale. J'ai beau savoir qu'elle n'était pas elle-même, je me dis qu'il y a toujours un fond de vérité dans ces moments là.
Et je passe en revue tout ce qu'elle m'a dit, pris de doutes moi aussi. C'est dur de se confronter à ça. Elle exprime son ressenti, je dois en tenir compte, comme si c'était des choses qui se sont réellement passées pour pouvoir ensuite m'adapter à son comportement. Si elle ressent une chose qui n'existe pas en réalité, elle existe néanmoins chez elle. Je dois en tenir compte et mieux m'exprimer la fois suivante, soit en contournant le sujet, soit en trouvant une faille qu'elle sera obligée d'admettre pour comprendre que son raisonnement est altéré.
Et même ça, c'est d'un fonctionnement aléatoire. Si je choisis le bon moment, les bons mots, que j'adopte la bonne attitude, elle peut comprendre la démarche. Pour mieux la nier le lendemain. Et l'effet est alors pire, puisqu'elle pense à ce moment là que je l'ai manipulé...
Cercle vicieux infernal. C'est à moi de ressentir si je doit ou pas le faire, en fonction du degré de sensibilité du sujet, de son état, du mien, ect...

Et pourtant, l'ambiance va mieux, par moments. On arrive même parfois à vivre de bons moments. Pas le Nirvana, c'en est loin encore, mais j'y crois toujours.
Avec plus ou moins de conviction, suivant les jours. Certains jours c'est dur. Très dur.
J'ai peur de me perdre en elle, de me dissoudre, m'épuiser. Mais comment faire autrement???
Ma psy m'a dit de prendre de la distance, de me préserver...Facile à dire.

J'ai enfin trouvé le courage d'appeler à nouveau l'UNAFAM, cette association de bénévoles formidable qui accompagne les personnes atteintes de déficiences psychique, et aussi les familles de ceux-ci.
Ils sont incroyable. D'une générosité et d'une compréhension qui permettent de relativiser. Certains cas sont très lourds en terme d'accompagnement.
J'ai pu discuter avec une personne qui a de suite compris la situation. Je lui demandai comment faire "mieux", pour que ce soit plus vivable.
Après m'avoir confirmé que ce que je faisait était ce qu'il fallait faire dans ces cas là, elle m'a proposé de rencontrer dans ma région un groupe de personnes qui traversaient elles aussi ces passages compliqué.
Je lui ai expliqué que ce n'était pas très facile pour moi de faire ce type de rencontres sans que ma femme ne soit au courant...et que donc, ce n'était pas judicieux...Elle en a convenue avec moi...
Elle a clôturé cet entretien fort instructif par une évidence qui ne m'avait encore pas frappée: il faut accepter d'être impuissant face à ça.

Encore quelques séances de psy en perspective. :doute:

D'autant que ma femme a repris ses démarches de rencontres fortuites sur son Fb, pas avec le même qui a fini par la jeter, mais des nouveaux.
Je ne sais que penser non plus quand elle me dit: "prends une maîtresse, ça te feras du bien", ou encore "tu ne penses tout de même pas que si j'ai un amant je te le dirais???" ...
Je me fou un peu de ça en vérité. Vu l'état de notre "couple" qu'elle ai un amant virtuel ou non d'ailleurs n'aura pas une grande incidence sur le reste.
Nous n'avons plus de rapports d'amour, ou alors des bribes, de ci, de là. Notre "couple" n'existe plus. Enfin pas comme je l'avais imaginé au départ.
Mais elle est malade, je m'occupe donc d'elle, "jusqu’à ce que la mort nous sépare".

Elle a finalement appelé le thérapeute familial.
" bonjour, je vous contacte au sujet d'un divorce avec (elle fait semblant de chercher ses mots) l'homme avec lequel je vis, et qui est aussi mon mari. Nous voudrions que ça se passe en harmonie. merci de rappeler" a-t-elle laissé sur son répondeur, devant moi.
Provoc', évidement.
On ira, ou pas, je ne sais pas si elle voudra au dernier moment, elle a déjà perdue 4 fois son N°...
Ça n'a pas grande importance de toutes façons...
Soit on contourne le sujet si le psy n'est pas percutant, soit on entre dedans, et ça sera le déni. Avec son vraisemblable cortège de débordements.
Mais bon, on l'aura fait.

A oui, j'allais oublier, j'ai tenu 16 jours sans fumer. J'ai replongé le lendemain d'une grosse colère de mon épouse. C'est pas sa faute, hein, c'est moi qui fume. :petard:

A force de faire des pavés sur ce forum et de ne rien reconstruire, je me demande si je ne fabrique pas un caveau finalement...
Rhoo, allez, c'était de l'humour. Noir, cela va de soi! :D

Bon courage à vous tous.


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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Sans Prétention » jeu. 5 nov. 2015 16:21

Salut Dom. Ta femme ne m'intéresse plus maintenant, je veux dire, non pas en tant que personne qui mérite le respect comme tout un chacun, d'autant qu'elle est malade... Mais toi.

Il n'y a aucun élément tangible permettant de dire que tu sauveras ton couple. Reste toi: tu peux encore te "sauver", même en restant... Te faudrait juste un bon coach.

J'ai vu la vidéo avant que tu ne la postes. Magnifique. J'adhère. Mais chez toi, ce n'est pas tout à fait la même chose... Tu vois en quoi. Pas besoin de faire un dessin, ça crayonne tout seul.

Je pense que tu as besoin d'écouter ton coeur... Un peu plus. Tu peux conserver cette grandeur d'âme et t'autoriser à vivre en même temps.

Mon dernier psy a jeté l'éponge: je faisais de la résistance à ma guérison. Trop de principes, trop de complication, trop... D'emprisonnement psychique.

Je prends des cours de liberté avec une personne très bien... Qui n'est ni psy, ni coach. Simplement une belle personne... Que je ne touche pas. Elle m'apprend... La respiration.

Prends le temps d'aller dans cette association... Tu restes, elle péte un boulon. Changera pas grand chose si tu t'autorises à voir un peu ailleurs si tu y es. Parce que tu y es. Un bout de toi que tu ne connais pas encore.

Salut Dom. Et, j'espère que tu sais, tu sais, mais je le redis sans filtre, sans fausseté, toute mon amitié, la plus sincère, la plus profonde.

Soigne toi de te faire du mal. Tu n'es redevable de rien à aucune force qui demanderait réparation. Vis.


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Zoch
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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Zoch » jeu. 5 nov. 2015 18:09

Bonjour Dom!!
Contente que l'unafam ait enfin répondu à tes questions. Je connais cette association. Sincèrement ce sont des gens formidable.

Tu ne poses pas la question. ... mais au cas où j'y réponds quand même. La paranoïa est la seule psychose qui ne soit pas héréditaire. ....

Pour le reste...malheureusement le pronostic est mauvais. ... au mieux il y a une stabilisation.
Mais comme dans toutes les psychoses il y a une force de destrucivite supérieure à la force de vie....
Ce n'est pas sa faute. C'est sur. Mais ce n 'est pas la tienne non plus. Et il ne faut pas que cela devienne celle de votre fils....
Ta loyauté t'honoré. J'ai l'impression que ses frasques en cam te blessent moins car tu y as mis du sens.

Préserve des îlots de vie intouchable. Pour toi. Pour ton fils. On peut soutenir don conjoint. Mais pas au prix de sa santé à soi... dans ta vidéo il ne se met pas en danger.

Je pourrai mourir pour mes enfants s'il le fallait. Pas pour un homme. Justement parce que j'ai des enfants.

Prends soin de toi. Si tu veux tu peux monter dans le Nord avec ton fils! Chez moi aussi il y a un clic clac! :biere:



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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Sans Prétention » jeu. 5 nov. 2015 18:39

Encore une fois, Zoch m'enlève les mots de la bouche: le type de la vidéo ne se met pas en danger. Il la sauve aussi... Malgré elle. Faudrait que quelqu'un te sauve malgré toi...

Sinon, si par un heureux hasard programmé on pouvait se retrouver dans le nord un de ces quatre...
:biere: :biere:


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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » ven. 6 nov. 2015 08:01

Bonjour

et merci encore une fois de votre soutien si précieux.

Je me rends bien compte que cette vidéo ne reflète pas la réalité de ce qui se passe chez moi...
Loin s'en faut même...
C'était juste pour tenter d'expliquer que je la voit sous un angle un peu différent maintenant. Mais il est vrai aussi que notre situation n'est pas très ressemblante par de nombreux points, autant du coté de la femme qui a conscience de sa maladie, que du coté du mari qui l'accompagne.

Je suis bien conscient aussi que la situation pourrait être plus dramatique, elle n'est pas en danger de mort. Sa maladie n'est pas "grave" non plus comparée à d'autres maladies psychiques...
C'est juste "sérieux".

Sauver mon couple ne dépend pas de moi j'en ai peur, mais je sais bien que mon aide lui est quand même précieuse. Il faut que j'arrive à faire la part des choses, c'est certain.
Je sais faire plein de choses, mais aimer c'est compliqué. Je peut aimer beaucoup ou pas. Aimer juste un peu, je ne sais pas faire. C'est con, hein?

J'ai bien conscience que je vais devoir m'adapter à cette situation si je ne veut pas y laisser ma santé. "Faire le caméléon " m'a dis une fois Ricochette (que je salue au passage) :bye: .
C'est ça le plus compliqué pour moi pour le moment. Le but de mes prochains RV chez ma psy devront dorénavant se tourner plus dans ce sens. J'en sais assez long sur cette maladie maintenant. Je doit penser à moi, vous avez entièrement raison....

Et à préserver mon fils de tout ça, tu vois juste Zoch. Je ne sait pas trop comment encore, mais il ressent bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas.
Mon épouse lui a parlé, dans une période plus calme, pour lui tenter de lui expliquer un peu...
Je ne sais quoi lui dire, sinon qu'on ne va pas bien en ce moment. Je n'ai pas envie qu'il voit sa maman comme une "folle". Enfin vous me comprenez...

Pour une réunion avec cette assoss', ça me tente, mais je ne sais pas non plus comment présenter la chose à mon épouse. Si je sort seul, elle va automatiquement penser que c'est pour voir "quelqu'un". Une femme, bien sûr, mais elle peut penser aussi à mes soeurs, ma mère, une de ses collègues.....

Quand à découcher ne serait-ce qu'une nuit....même pas en rêve!

Mais il va falloir que je réfléchisse à tout ça. C'est vrai que si je ne fait rien, il ne se passera rien.

Je vous remercie encore de vos retours

Bon courage à vous


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grabuge
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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par grabuge » ven. 6 nov. 2015 10:57

Salut Dom,

ta femme a vraiment de la chance de t'avoir ... car quoi qu'elle fasse tu cherches à comprendre, sans la juger. Preuve d'amour s'il en est ..et d'abnégation.

Attention quand même de ne pas te perdre. Ce syndrome du sauveur malgré lui ...dois-tu vraiment la ménager à ce point ? Alors qu'elle te ménage si peu La laisser sous entendre qu'elle a un amant , téléphoner au psy devant toi ... et toi tu ne peux même pas t'absenter une soirée pour te rendre à une réunion. Ni pianoter tranquillement sur ton ordi, alors qu'elle surfe sur des sites de rencontre...

A toi de faire la part entre ce qui relève vraiment de sa maladie et ce qui pourrait être amélioré, je conçois que celà ne doit pas être facile. rencontrer d'autres personnes dans ton cas, celà t'aidera à déculpabiliser, et évitera de te faire "prendre en otage" dans cette relation.
C'est vrai que cette maladie n'est guère connue, ou alors sous-estimée...

de bonnes pensée à la veille du week end !prends soin de toi et de ton fils !



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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Sans Prétention » ven. 6 nov. 2015 18:01

Grab a parlé à ma place !!!!!

Bon week !


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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » mar. 10 nov. 2015 11:02

Bonjour

C'est gentil ce que tu dis Grabuge, mais tu sais, j'ai de nombreux défauts, n'aie crainte... Je suis juste ni pire ni meilleur qu'un autre je pense.
Toi aussi tu es une belle personne. Avoir idée de continuer avec ce qu'il t'as fait subir, c'est une belle preuve d'amour et d'abnégation également.
Chercher à comprendre, on en est tous là.
Et même pour ceux qui ne continuent pas, ils/elles ont au moins essayé, sincèrement. Et sont condamnés à (se) reconstruire seuls. Ce n'est pas le choix de la facilité non plus. C'est douloureux comme décision, être obligé de tirer un trait sur tout une partie de sa vie.

On est tous ici pour affronter ça, chacun à sa façon, mais tous avec l'envie d'en sortir.
Si vous étiez confronté à une maladie de votre conjoint, vous ne l'abandonneriez pas non plus, parce que chez nous il y a ces valeurs et ces barrières qui nous ont été inculquées et posées. Les autres, ceux qui trompent, n’ont pas eu cette chance...à nous de les aider, quand c'est possible toutefois, et pas au détriment de soi. Faites ce que je dis, mais pas ce que je fait...

Pour mon épouse, il est certain que des repères importants manquent. Mais pas tous, elle a de vraies valeurs aussi. Et une maladie qui lui ronge sa façon de penser. Je ne sais encore pas faire la part des choses entre ce qui peut être corrigé ou non. Mais je progresse, lentement.
Pour l'instant, j'essaie juste d'essayer de repérer les sujets "sensibles", ceux contre lesquels je ne pourrait pas lutter. En gros, tout ce qui va mettre à mal sa confiance en elle, directement ou de manière détournée.
Mais aussi, et là c'est nettement moins simple, tout ce qui est susceptible d'être interprété insidieusement. Il y a une multitude de petites choses qu'elle interprète mal, mais elle ne fait pas une crise à chaque fois. C'est simplement des informations dont elle se servira pour alimenter sa psychose ultérieurement.
Il faut donc que je prête attention à ça. Si je lui dit une chose anodine qui mériterait un commentaire normalement, même banal, et qu'il ne viens pas, alors il y a danger. Elle a mal saisi le sens ce cette information, ou lui en a carrément donné un différent. Des fois même complétement inverse.
Je dois tenir compte de cette foultitude de petits détails qui alimenterons une future crise. C'est peut-être comme ça que je pourrais être le plus efficace.

L'inconvénient de ce fonctionnement, c'est que c'est énergivore. Il faut que je parle en choisissant les sujets, les mots, les intonations de voix, le bon moment de la journée. Que je traduise en quelque sortes. Je dois apprendre son langage finalement. Mais seul, sans son aide et sans aide extérieur, je me rends bien compte à vous lire que je n'y arriverais pas.
J'ai donc réfléchi ce WE à une façon d'aborder une sortie pour pouvoir participer à ces échanges par le biais de l'UNAFAM.
Je pense attendre un RV avec ma psy, et je vais tenter de faire passer ces sorties comme une aide pour lutter contre ma dépression. Ce ne sera qu'un demi mensonge, ce qui me convient à peu près. D'abord parce que je n'aime pas mentir, même si c'est "pour bien faire" finalement...
Et ensuite parce qu'un des effets secondaire de cette maladie est que mon épouse est hyper sensible. Et que par le fait, elle a une facilité plutôt surprenante à détecter les mensonges ou cachoteries diverses de n'importe qui en un temps record. Elle les détecte même quand ils n'existent pas, alors les vrais....
Mais exposé ainsi, ça a des chances de passer inaperçu. Ce n'est pas contre elle.

Hier, nous avions RV chez le psy de couple. J'attendais un peu d'aide également de ce coté là, même si je ne me faisait pas spécialement d'illusions. Le RV a du être annulé, ma femme ayant une réunion professionnelle de dernière minute. Mais ça ne l'a pas empêchée d'arriver à la même heure que les autres jours à la maison. Je ne sais que penser de ça, elle n'était pas enchantée d'y aller, je le sentais bien. Je n'en parlerais plus, ça ne sert à rien si elle y va de force.

Si je réagissais comme elle, au lieu de comprendre ça, je comprendrais que peut-être elle avait effectivement une réunion, mais alors en ce cas, les autres jours elle fait quoi quand il n'y a pas de réunions et qu'elle arrive aussi tard? Elle me trompe? Elle va voir des gens pour parler de moi dans mon dos?
Mais voilà, moi je fais confiance, comme vous. Les autres jours, elle reste certainement un peu au travail pour finir un dossier, comme elle me dit, ou va faire un petit tour en ville pour se détendre.
Peu importe.

De toutes façons je ne suis pas dupe non plus. Ça va être très dur et très long de se retrouver, si on y arrive un jour.
Samedi dernier, c'était "son tour" d'emmener notre fils au foot. On n'aime ça ni l'un ni l'autre (le foot, hein!) mais on va le voir jouer pour lui, il a besoin de soutien à huit ans. On pourrait y aller ensemble, mais non, elle ne veut pas. "on a pas besoin d'être deux!"
Donc c'est tantôt l'un tantôt l'autre...Sauf que samedi, elle avait pas la pêche, sa sciatique, la fatigue, ect... Elle me demande d'y aller.
En revenant, elle allait visiblement mieux, nue dans le lit à 17heures avec sa tablette sous les draps...
Je n'ai même pas été voir l'historique, je sais déjà.
D'autant que la dernière fois que j'ai été voir, elle avait remarqué quelque chose. Elle a peut-être mise un keylogger pour vérifier si je visite...
Peu importe.

Ça ne me fait plus mal, je me doutais un peu du coup quand même. Ça me fait juste hausser les épaules. Difficile de se concentrer sur la famille et son propre bien-être cependant. Je me dis que l'avenir est bien terne.

Mais où elle est passée cette fichue pédale???
Bon, ben à défaut, je vais m'en griller une autre.

Ne vous laissez pas abattre, après la pluie, le beau temps!


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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Zoch » mar. 10 nov. 2015 19:47

Dom!!
Reprends toi s'il te plaît ! !
Il n'y a aucune obligation de se mouler à ce qui pourrait être ! !!!
Quel exemple tu donnes à ton fils? Quel héritage affectif ?



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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » mer. 6 janv. 2016 07:56

Bonjour

ça me file à chaque fois un petit coup au moral de revenir sur mon propre post, me plaçant devant ma propre situation, face à moi-même, ce que j'ai vécu.

Pas cool tout ça.
Et pourtant, il faut bien avancer sous risque de piétiner.

Des avancées, il y en a, minimes, comme à chaque fois, mais des avancées malgré tout.
Zoch a écrit :Dom!!
Reprends toi s'il te plaît ! !
Il n'y a aucune obligation de se mouler à ce qui pourrait être ! !!!
Quel exemple tu donnes à ton fils? Quel héritage affectif ?
Je ne t'ai pas répondu de suite Zoch, car ça m'a flanqué une baffe tes mots. Une vérité cependant.

C'est ce que j'essaie à présent d'admettre. Que tout dépend de la perception que j'ai des choses.
Plus le temps passe et plus je prend mes repères dans ce nouveau couple au fonctionnement bancal. Nous ne sommes plus en symbiose depuis bien longtemps maintenant, et les perspectives d'améliorations sont très faibles.
Si cette constatation m'a profondément choqué à une période, j'en prend maintenant plus mon parti. Ce n'est pas parce que mon couple va mal que je doive aller mal.
Ce n'est pas non plus parce que ma femme est malade que je doive me transformer en gardien inconditionnel de sa santé.

Je m'érige dorénavant en défenseur de moi-même. Quand elle fait des allusions ou des reproches erronés au départ, s'ils me concernent, je m'oppose systématiquement à leur expression sous cette forme. De manière édulcorée, en essayant tout d'abord sans heurts, mais plus fermement si cette approche ne suffit pas. Sans animosité, c'est important pour sa compréhension, mais je ne me fait plus un objectif de sa perception.
Elle est fausse, et n'en démordra pas de toutes manières, et je finirai obligatoirement par endosser le mauvais rôle. Ce n'est pas pour autant que ça doive me convenir et je l'exprime! Tant pis si ça doit accrocher un peu.
Quand à ce qui ne me concernent pas directement, je lui dis simplement que je ne suis pas intéressé par cette conversation que je n'estime pas saine ou constructive.
Une nouvelle approche ayant pour but de me préserver de ces allégations destructrices à terme.

J'ai aussi mis le doigt sur ce qui la pousse à ne plus avoir confiance en moi. C'est plutôt simple en fait: en ne cautionnant pas ses perceptions des choses, des faits, des paroles ou même des actes d'autrui, je ne prend pas parti pour elle. Et vu que la neutralité n'existe pas dans sa tête, ce qui n'est pas pour est contre. Elle ne peut donc avoir confiance en une personne qui est son "ennemi".
Jusqu'a quel point? C'est une question qu'elle devrait se poser, puisqu'elle ne me quitte pas pour autant. Preuve que dans sa tête, existe certainement une conscience de la limite de sa fiabilité.
Ma psy m'a même parlée d'une certaine bipolarité qui pourrait être liée.
Elle rejette ma perception des choses qu'elle interprète mal comme si j'étais de parti pris contre elle. Et pourtant, se rends bien compte qu'à chaque fois qu'elle va mal je suis là pour la soutenir et l'aider quotidiennement! C'est ce qui la pousse vraisemblablement à rester avec moi.

Lors de mon dernier entretien, ma psy m'a demandé comment ça se passerai si je devais m'occuper de mon fils seul, comment je vivrais ça.
J'ai carrément éclaté de rire en lui répondant "ça commence quand?"

C'est triste de faire ce constat. Mais terriblement indicateur.
Je dois donc vivre les choses différemment et ne pas subir. C'est sa perception, pas la mienne. Je ne dois pas m'en trouver affecté.
Ce n'est pas cette étape que je redoute le plus, j'ai progressé dans ce sens, et j'en ressens déjà les bénéfices.
Le plus dur sera de s'habituer à une vie de "couple à la con". Vivre ensemble en n'ayant pas grand chose à partager finalement.

Et l'amour dans tout ça?
Je ne sais pas comment l'exprimer, mais il s'est mué en une forme de respect, du genre qu'on a pour une personne qu'on apprécie.
Peut-on appeler ça de l'amour? Mouais, pas sûr...
L'évolution amoureuse de notre couple a un avenir que je ne peux cerner aujourd'hui.
Peut-on vivre ainsi? Je ne crois pas, enfin pas de façon épanouissante.

Ou alors en prenant de la distance, mais ça ressemble plus à deux célibataires qui vivent en collocation qu'a un couple.

Et alors? Beaucoup de célibataires ont une vie épanouie, pourquoi pas moi?

Voilà, j'en suis là de mes réflexions du moment.
Marié, mais pas vraiment en couple.
Pas célibataire, mais pas vraiment à deux non plus.

Alors reconstruction, oui, mais de moi, et ça urge.

Merci d'avoir lu et bon courage à tous.


Dans la vie, fais confiance à ceux qui peuvent voir ces trois choses: ta peine derrière ton sourire, ton amour à travers ta colère et la raison de ton silence.

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Dom3
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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Dom3 » lun. 18 janv. 2016 07:55

A l'impossible nul n'est tenu dit-on...
Une chose est sûre, personne ne pourra me reprocher de n'avoir pas essayé.
Et pourtant j'y ai cru, longtemps. Bien trop longtemps.

J'ai cru que l'amour d'abord, puis l'intelligence ensuite pourrait nous sauver, en tant que couple, et même en tant qu'individu.
Je ne parles pas pour moi, je m'en remettrai toujours, mais pour mon épouse.

Ce week-end était tendu. Très tendu. Je sentais bien qu'elle pouvais partir en vrille à tout moment. Quand elle est comme ça, elle ne peut le cacher.
J'ai prétexté du travail dehors pour ne pas provoquer inutilement. Mais je n'ai pas cédé, j'ai défendu ma peau. Et forcément, elle l'a mal pris.
Le point de départ, je n'en ai aucune idée, elle seule le sait. Sauf que maintenant, je n'y attache plus d'importance. Ça n'en a d'ailleurs aucune, il y aura toujours un point de départ, puisqu'elle les fabrique à la demande.

Cette nuit, elle s'est levée plusieurs fois, puis vers 5heures, elle m'a réveillé pour décharger toute sa rancune, mêlant tout et n'importe quoi à des situations ubuesques. Pas une grosse crise, une moyenne. Mais aller bosser dans cet état, c'est méga risqué pour elle.
J'ai tenté de lui prendre les clés de sa voiture, de l’empêcher d'aller travailler, en essayant de lui faire comprendre que c'était dommage qu'elle risque de foutre sa carrière en l'air pour une journée de boulot.
Et là, elle me regarde en me disant: mais, de toutes façons, qu'es-ce que tu en a à foutre de moi?

Et là, franchement, j'avoue, j'ai baissé les bras. J'en ai marre de toujours tenter de rattraper les choses, de prendre sur moi éternellement sans espoirs que les choses ne changent un jour.
Je lui ai donné ses clés, tant pis. Qu'elle fasse sa vie.
Je ne sais pas si elle a pris des médocs avant de partir, je ne sais pas si elle pourra faire la route, si elle pourra faire la journée au taf sans clash.
Je suis inquiet pour elle, c'est important ce boulot. Pour son équilibre et son estime de soi.

Mais je ne dois plus continuer ainsi, je dois me protéger. Pour moi, pour mon fils. Pour ma femme, je suis arrivé à la limite de mes compétences, voire même au delà.
Démonter ses impressions erronées, prévenir telle ou telle situation, rattraper une colère, la rassurer en permanence sur mes intentions, ma bienveillance qu'elle ne peut voir, et le tout en sachant que demain, la semaine prochaine, ce sera de nouveau à refaire, je n'en peux plus. C'est usant, ça mine, ça ronge même.
Alors voilà, maintenant, je prends du recul. Je connais les risques, ça peut secouer...ça va secouer.
Mais de toutes façons, je suis déjà secoué, alors autant vivre avec l'espoir de voir apparaître une lumière au loin.

Qu'est ce que ça va donner demain? Aucune idée.
Notre couple n'y résistera pas, c'est probable. Ce n'est pas ça le pire risque je le crains.
Mais je ne dois plus me rendre responsable d'une situation que j'ai cherché à éviter au détriment du reste.

Et dans ce reste, il y a moi.


Dans la vie, fais confiance à ceux qui peuvent voir ces trois choses: ta peine derrière ton sourire, ton amour à travers ta colère et la raison de ton silence.

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Zoch
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Re: Aveuglé par la nuit...

Message par Zoch » lun. 18 janv. 2016 15:02

Cher Dom...
Je connais un homme qui a une épouse comme la tienne... pendant plus de 20 ans il a comme toi tout essayé pour l'aider. Sa force, son abnégation venait du fait que ce n'était pas sa faute à elle.... la maladie. ..
Un jour il a vu sa dernière de 11 ans essayer de se taillader les bras. Elle avait bu aussi. ....
Il s'est dit " c'est fini".
Et tu sais quoi? Sa femme ne va pas mieux. MAIS elle ne va pas pire non plus. Ses enfants vont mieux. Et lui, il s'était tellement oublié qu'il a d'abord constaté les dégâts sur lui. Et petit à petit il se reconstruit.

Juste une histoire comme une autre. ... un homme comme toi. Bon parce qu'il est naturellement comme cela. Gentil et généreux. ... simplement à un moment il faut savoir avec qui tu vas être bon.... à trop vouloir sauver l'un on tue les autres.....



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