« La peur d’être trompé n’est jamais un caprice : c’est le reflet d’une blessure profonde que l’esprit tente de protéger. »

Définition et enjeu

Le terme cocuphobie désigne la peur, le rejet ou la stigmatisation sociale de la personne trompée (le « cocu») non pas de l’auteur de l’infidélité, mais de la victime de celle-ci. Autrement dit, il s’agit d’un phénomène où la personne trompée se retrouve isolée, honteuse ou discriminée, alors même qu’elle est la victime d’un acte de trahison. SOS Cocu défend que cette stigmatisation mérite d’être nommée et combattue.

Pourquoi ce terme ?
  • Le mot « cocu » est en France chargé de symboles (les « cornes », l’humiliation publique, etc.). Wikipédia+2Wikipedia+2
  • Pourtant, les personnes trompées ne sont pas une minorité cachée : l’infidélité est un phénomène répandu, ce qui rend la cocuphobie d’autant plus injustifiée et pourtant largement ignorée.
  • En nommant ce sentiment et en lui donnant un cadre conceptuel, l’association permet aux victimes de se reconnaître, d’être entendues et de sortir du silence.
Une fréquence plus élevée qu’on ne le pense

Voici quelques éléments statistiques qui montrent la prévalence de l’infidélité — et donc indirectement la taille de la population « cocu(e) » potentielle :

  • Une étude de 2014 de l’Institut français d’opinion publique (IFOP) indique que 55 % des hommes et 32 % des femmes déclaraient avoir trompé leur conjoint(e). Business Insider+1
  • D’autres enquêtes indiquent autour de 41-43 % des Français adultes ayant déjà été infidèles. qapa.fr
  • En parallèle, seules 47 % des Français déclaraient que l’infidélité était moralement inacceptable — ce qui montre une certaine banalisation du phénomène. Pew Research Center
    → Ces chiffres montrent que « être cocu » est loin d’être marginal… mais que la reconnaissance sociale de cette condition reste faible.

Impacts psychologiques, sociaux et institutionnels

  • Sur le plan psychologique : la personne trompée peut ressentir humiliation, perte de confiance, culpabilité (à tort), isolement.
  • Sur le plan relationnel et social : peur d’en parler, difficulté à retrouver une place dans la société, dans la vie de couple, voire au travail (le « cocu » perçu comme « responsable » ou « moins crédible »).
  • Sur le plan institutionnel : absence de reconnaissance spécifique des effets de l’infidélité sur la victime ; peu de dispositifs d’accompagnement ciblés.
    C’est ici que la cocuphobie se manifeste : la victime non seulement souffre de l’adultère mais se retrouve rejetée ou non prise en compte par l’environnement.

Pourquoi « une personne sur deux » ?

Certains slogans avancent que « une personne sur deux est cocu(e) ». Bien que ce chiffre soit volontairement approximatif et provocateur dans un but de sensibilisation, il s’appuie sur le constat suivant :

  • Si ~40-50 % des adultes déclarent avoir déjà trompé ou été trompés (ou que leur couple a connu l’infidélité) → cela donne un ordre de grandeur élevé.
  • En tant qu’association, nous ajoutons que même si l’infidélité n’atteint pas littéralement 50 % dans tous les couples, la portée sociale est suffisamment importante pour que la victime ne soit plus considérée comme « exceptionnelle » mais bien comme une catégorie fragile et massive.
  • L’idée-force est de renverser l’idée reçue selon laquelle « les cocus sont peu nombreux, qu’on n’en parle pas ». En réalité : il y a beaucoup de personnes concernées ; ce mot-clé «cocuphobie» vise à créer une prise de conscience collective.

Objectifs de l’association

  • Reconnaissance : faire entendre la voix des victimes d’adultère, véhiculer l’idée que le «cocu» n’est pas un sujet tabou, mais un sujet citoyen.
  • Accompagnement : structurer l’écoute (forum, blog, accompagnement psychologique), créer des fiches pratiques et des ressources.
  • Prévention et sensibilisation : par un blog institutionnel, des articles de fond (comme celui-ci), des partenariats médias, pour introduire «cocuphobie» dans le vocabulaire public.
Ressources externes utiles
  • IFOP : «Observatoire européen de l’infidélité féminine» (pdf) : données France et Europe. Ifop Group
  • Business Insider : «Study says French most likely to cheat and forgive a cheater» (2015). Business Insider
  • QAPA News : «Où les Français ont le plus de risque d’être infidèles ?». qapa.fr